SASU : IR ou IS ? Quelle option est la plus Avantageuse ?
- yordan99
- 7 déc. 2025
- 7 min de lecture
Choisir la SASU, c’est souvent choisir la flexibilité : statuts ajustables, fonctionnement souple, image “corporate”, et surtout une logique qui s’adapte à votre trajectoire. Mais dès que votre activité commence à générer (ou à prévoir) des résultats, une question s’impose : vaut-il mieux rester à l’IS, ou opter pour l’IR ? Derrière ces deux lettres se cache un sujet très concret : combien il vous reste réellement, à quel rythme vous pouvez investir, comment vous rémunérer (salaire, dividendes, mix), et quel niveau de “pression” fiscale et sociale vous acceptez.
La difficulté, c’est qu’il n’existe pas une réponse universelle. Une option peut être excellente pour une SASU qui réinvestit tout, et pénalisante pour une SASU qui sert un revenu mensuel stable. L’IR peut sembler “simple” au départ, mais devenir moins intéressant si votre tranche marginale grimpe. L’IS peut donner de la marge de manœuvre, mais implique de piloter finement votre rémunération et vos distributions. L’objectif de cet article est de vous donner une grille de lecture claire, orientée décision : comprendre les règles, comparer les impacts, identifier les scénarios typiques, et éviter les erreurs qui coûtent cher.
SASU et fiscalité : pourquoi le choix IR/IS est un vrai levier dès la Création
En SASU, le régime “naturel” est l’impôt sur les sociétés : la société paie l’impôt sur son bénéfice, puis vous êtes imposé de votre côté lorsque vous vous rémunérez (salaire) ou lorsque vous vous versez des dividendes. Ce fonctionnement sépare la fiscalité de l’entreprise et votre fiscalité personnelle, ce qui peut vous donner de la souplesse pour lisser votre revenu, investir, ou constituer une trésorerie. L’option IR, elle, fait remonter le résultat directement dans votre déclaration personnelle : vous êtes imposé comme si le bénéfice était “votre” revenu, même si l’argent reste en partie dans la société. En contrepartie, vous pouvez parfois imputer un déficit sur vos autres revenus, ce qui peut être puissant au démarrage.
Le point clé, c’est que votre choix n’est pas seulement une question de taux : c’est une question de stratégie de rémunération, de rythme de croissance, de besoin de cash personnel, et de projection à 2–5 ans. Vous gagnez donc à raisonner comme un dirigeant : objectifs, scénarios, arbitrages. Et si vous souhaitez être accompagné sur ce type de décision, chez Moov, nous accompagnons les dirigeants à optimiser leur rémunération et choisir entre l'IR et l'IS.

IR et IS : les mécanismes en clair (sans jargon inutile)
Ce que signifie être à l’IS en SASU
La SASU est, par principe, soumise à l’IS. Concrètement, votre société calcule un résultat fiscal, paie l’impôt correspondant, puis décide quoi faire du reste : le laisser en réserve, l’investir, ou le distribuer. Le taux normal de l’IS est de 25 %. Sous conditions (PME, capital entièrement libéré, détention majoritaire par des personnes physiques, etc.), un taux réduit de 15 % peut s’appliquer sur une tranche de bénéfice (aujourd’hui jusqu’à 42 500 €), le surplus restant à 25 %.
Ce que beaucoup de dirigeants apprécient à l’IS, c’est la capacité à “piloter” : vous pouvez décider de vous verser plus (salaire) une année, puis de renforcer la trésorerie une autre année, ou encore de préparer une distribution de dividendes au moment le plus opportun. En clair : vous avez une manette.
Ce que signifie être à l’IR en SASU
L’option IR (quand elle est possible) fait basculer la logique : le résultat de la SASU est imposé directement entre vos mains, à l’impôt sur le revenu, dans la catégorie correspondant à l’activité. Cette option est encadrée : elle concerne notamment les sociétés “jeunes” et sous certaines conditions (âge de la société, taille, activité, etc.), et elle est limitée dans le temps (vous ne conservez pas l’IR indéfiniment dans ce schéma).
Le point à bien intégrer : à l’IR, vous pouvez payer de l’impôt sur un bénéfice qui n’a pas été intégralement sorti en cash. Autrement dit, votre fiscalité personnelle peut augmenter même si vous laissez l’argent dans l’entreprise pour financer la croissance.
Votre rémunération en SASU : l’angle mort qui change tout
Salaire : protection sociale, mais coût plus élevé
En SASU, le président rémunéré est assimilé salarié : il relève du régime général (protection sociale proche d’un salarié, sans assurance chômage via le mandat social). Si vous choisissez de vous payer, vous devez accepter une réalité : le salaire “coûte” plus cher à la société qu’il ne vous rapporte en net, car il implique des cotisations sociales. En échange, vous construisez des droits (retraite, maladie, etc.) et vous stabilisez votre revenu.
👉 Question utile à vous poser : recherchez-vous d’abord la couverture et la régularité, ou la maximisation du net immédiat ?
Dividendes : fiscalité spécifique et arbitrages
Les dividendes sont soumis à une fiscalité différente du salaire. En pratique, ils peuvent être taxés au PFU (flat tax) de 30 %, ou, sur option, au barème de l’IR avec abattement (selon votre situation). Mais attention : les dividendes ne remplacent pas une stratégie. Ils sont souvent intéressants quand votre société a déjà une rentabilité structurée, une trésorerie saine, et que vous avez clarifié vos besoins personnels.
👉 Vous gagnez à raisonner “mix” : une base de salaire pour votre protection et votre stabilité, puis un complément éventuel via dividendes si cela reste cohérent avec la santé financière de la SASU.
Quand l’IR peut devenir plus avantageux ? (et pour qui ?)
1) Début d’activité avec déficit ou faible bénéfice
Si votre démarrage implique des investissements, des charges importantes, ou un chiffre d’affaires qui monte progressivement, l’IR peut devenir intéressant parce que le déficit (ou le faible résultat) peut “s’intégrer” à votre fiscalité globale, selon votre situation. Dans certains cas, cela permet d’éviter de “perdre” fiscalement une mauvaise première année.
2) Vous avez une tranche d’imposition faible… pour le moment
Si votre revenu global est modéré et que votre taux marginal d’imposition reste bas, l’IR peut sembler plus doux qu’un montage IS + salaire + éventuels dividendes. Cela peut aussi convenir si vous voulez une lecture simple de votre résultat : “ce que gagne la société, c’est ce que vous déclarez”.
3) Vous voulez aller vite, tester, puis ajuster
Dans certaines trajectoires, l’IR sert de phase de lancement : vous validez le marché, vous structurez l’offre, puis vous basculez sur une logique IS quand l’activité devient régulière et que le pilotage de trésorerie devient un enjeu central.
✅ L’idée à garder : l’IR peut être un accélérateur au démarrage, mais il devient souvent moins optimal dès que votre bénéfice grimpe et que votre fiscalité personnelle s’alourdit.
Quand l’IS est souvent le meilleur choix ? (et pourquoi ?)
1) Vous réinvestissez pour croître
Si votre objectif est d’embaucher, d’acheter du matériel, d’augmenter le budget marketing, ou de constituer une trésorerie de sécurité, l’IS est très souvent plus confortable : vous laissez une partie du résultat dans l’entreprise après impôt, et vous évitez d’alourdir trop vite votre IR personnel.
2) Vous voulez piloter votre revenu (et lisser votre imposition)
À l’IS, votre rémunération devient un outil de pilotage : vous pouvez ajuster votre salaire en fonction de vos besoins, du niveau de bénéfice, et de votre stratégie. Le résultat ne “remonte” pas automatiquement en totalité dans votre déclaration personnelle.
3) Vous cherchez une logique stable et standardisée
La plupart des SASU restent à l’IS, parce que c’est le régime par défaut et le plus courant. Et avec un taux normal à 25 % (plus une tranche possible à 15 % sous conditions), l’IS offre une visibilité appréciable pour construire des simulations.

IR vs IS : une méthode simple pour trancher (sans vous tromper de problème)
Étape 1 : clarifiez votre besoin de cash personnel
Vous devez sortir un revenu mensuel élevé rapidement ? L’arbitrage salaire/dividendes et la mécanique IS sont déterminants.
Vous pouvez vivre avec peu au début (ou vous avez d’autres revenus) ? L’IR peut parfois être un levier transitoire.
Étape 2 : projetez votre bénéfice sur 24 mois
Ne raisonnez pas “année 1” uniquement. Une option qui semble parfaite à 10 000 € de bénéfice peut devenir coûteuse à 60 000 €. Faites au moins 3 scénarios : prudent, réaliste, ambitieux.
Étape 3 : choisissez une stratégie de rémunération, puis le régime
Erreur fréquente : choisir IR/IS “en premier”, puis improviser la rémunération. La réalité, c’est l’inverse : votre rémunération (salaire, dividendes, mix, rythme) conditionne une grande partie de l’intérêt du régime.
Étape 4 : sécurisez le calendrier et les conditions
L’option IR est encadrée par des conditions et une durée : vous devez vérifier votre éligibilité et anticiper la suite. Même à l’IS, certains choix (taux réduit, distributions, etc.) supposent de respecter des critères précis.
Les erreurs qui coûtent cher (et comment les éviter)
Se focaliser uniquement sur le “taux”
Vous pouvez “gagner” sur un taux et “perdre” sur le reste : cotisations, IR personnel, trésorerie, capacité d’investissement. Cherchez le net global, pas un pourcentage isolé.
Sortir trop de cash au mauvais moment
Une SASU qui se vide trop tôt peut se mettre en danger : impayés, stress de trésorerie, impossibilité d’investir, dépendance à un gros client. Votre stratégie fiscale doit rester compatible avec la solidité financière.
Distribuer des dividendes sans plan
Les dividendes peuvent être utiles, mais ils ne doivent pas devenir une “béquille” pour éviter de structurer un salaire cohérent. Sinon, vous risquez de sacrifier votre protection sociale et votre stabilité.
Ne pas faire de simulation réaliste
Une bonne décision se prend avec des chiffres : projection de résultat, niveau de salaire, coût total entreprise, net perçu, impôt, et trésorerie restante. Sans simulation, vous choisissez à l’aveugle.
Ce que vous pouvez retenir pour choisir sereinement entre IS et IR en SASU
Le meilleur choix entre IR et IS dépend rarement d’une formule magique. Il dépend de votre trajectoire : démarrage “test” ou croissance rapide, besoin immédiat de revenu ou priorité à l’investissement, recherche de protection sociale ou optimisation du net, stabilité ou flexibilité.
L’IR peut être pertinent au départ si votre résultat est faible, si vous anticipez un déficit, ou si votre fiscalité personnelle reste modérée. Mais vous devez accepter que le résultat remonte dans votre déclaration, même si l’argent reste dans la SASU.
L’IS reste la voie la plus fréquente en SASU, parce qu’il vous permet de piloter : réinvestir, lisser votre rémunération, arbitrer salaire/dividendes, et construire une stratégie durable.
Si vous voulez éviter les décisions “au feeling”, la bonne approche consiste à raisonner en scénarios chiffrés (12 à 24 mois), puis à caler une stratégie de rémunération cohérente avec votre niveau de bénéfice et vos objectifs personnels. Et si vous cherchez un accompagnement orienté conseil (au-delà de la simple production comptable), vous pouvez vous appuyer sur un cabinet qui intervient aussi sur la structuration financière, la fiscalité, et l’optimisation des revenus des dirigeants.



