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Paie Intermittents en Production Audiovisuelle : DSN, codes, pièges !

  • 11 janv.
  • 8 min de lecture

Dans une production audiovisuelle, la paie des intermittents ressemble rarement à une simple routine. Vous jonglez avec des CDDU, des durées parfois éclatées, des cachets (isolés ou groupés), des heures « techniques », des primes, des remboursements de frais, des droits spécifiques (doublage, rediffusion), et des organismes sociaux aux attentes très cadrées. À cela s’ajoute la DSN, devenue le pivot déclaratif : elle ne « pardonne » pas les approximations de paramétrage, les oublis de blocs, ou les incohérences entre contrat, bulletin et déclaration.


Le vrai défi n’est pas uniquement de payer « juste » : c’est de payer juste et de déclarer juste, au bon format, au bon moment, avec les bons codes. Une erreur peut se traduire par un salarié mal indemnisé, un contrôle URSSAF plus pénible, un retour DSN bloquant, ou une régularisation chronophage. Et dans l’audiovisuel, le temps perdu coûte cher : retards de tournage, énergie diluée, stress côté production.


L’objectif de cet article est de vous donner une méthode opérationnelle : comprendre les points sensibles de la DSN pour intermittents, identifier les codes et rubriques qui déclenchent le plus d’erreurs, et sécuriser votre chaîne paie → DSN → retours. Vous repartez avec des repères concrets, des checklists et des réflexes de contrôle avant envoi.


Pourquoi la Paie des Intermittents est un sujet « à haut risque » en Production Audiovisuel ?


La paie des intermittents est risquée parce qu’elle est structurellement atypique : contrats courts, multiplicité des fonctions, alternance de jours rémunérés et de périodes « blanches », rémunérations composites, et exigences déclaratives très normées. Vous ne pouvez pas vous contenter d’un raisonnement « paie classique » (mensualisation, horaires fixes, schémas d’absences standards). En intermittent, les notions d’activité (jours, heures, cachets), la façon d’exprimer la période travaillée et la logique de fin de contrat prennent une place centrale. La DSN, elle, attend une description codifiée de cette réalité : si vos bulletins sont corrects mais vos rubriques DSN mal renseignées, vous prenez le risque de retours bloquants, de données sociales incohérentes et de régularisations pénibles.


Le second facteur de risque, c’est l’empilement d’interlocuteurs : URSSAF, France Travail, organismes complémentaires, caisses spécifiques… Chaque acteur a ses attendus, et vous devez produire une information cohérente de bout en bout. Enfin, le rythme de production pousse souvent à « faire vite », alors que la paie intermittent exige au contraire une discipline de paramétrage et de contrôle. Quand vous voulez sécuriser ce sujet, vous gagnez du temps… parce que vous évitez d’en perdre plus tard en correction, échanges, justificatifs et stress.



Paie Intermittents en Production Audiovisuelle

Paie en Production Audiovisuelle : cartographiez votre chaîne Paie → Déclaratif !


Beaucoup de problèmes naissent d’une organisation « en silos » : vous rédigez les contrats d’un côté, vous produisez les bulletins de l’autre, puis vous « exportez la DSN » en espérant que le logiciel fera le lien. En intermittent, cette approche est dangereuse. Vous devez piloter un processus unique : le contrat alimente la paie, la paie alimente la DSN, la DSN alimente les droits et le recouvrement. La cohérence est la clé.


Contrat : verrouillez les informations qui conditionnent la DSN


Avant même d’éditer un bulletin, assurez-vous que chaque contrat contient (et que votre logiciel exploite correctement) :


  • l’identification précise de l’employeur et de l’établissement concerné ;

  • la qualification/emploi (cohérente avec la fonction réellement exercée) ;

  • les dates : début, fin prévisionnelle, et logique de « dernier jour travaillé » quand vous êtes sur des situations particulières ;

  • la convention collective applicable, car elle sert souvent de repère pour déterminer le champ et les règles associées.


Votre objectif n’est pas de « remplir un PDF », mais de produire une donnée exploitable, stable et alignée avec ce qui sera déclaré.


Paie : structurez vos rubriques pour produire une DSN propre


Un bulletin intermittent propre, ce n’est pas seulement un net à payer. C’est un bulletin dont les rubriques sont :


  • typées (salaire, prime, indemnité, avantage, remboursement de frais…) ;

  • rattachées à la bonne assiette sociale ;

  • capables de « sortir » dans les bons blocs DSN sans bricolage.


Si vous utilisez des rubriques fourre-tout, vous créez des écarts : la paie « passe », mais la DSN devient incohérente.


DSN : considérez-la comme une restitution, pas comme un export


La DSN n’est pas un fichier administratif final. C’est la restitution codifiée de votre réalité sociale. Avant envoi, votre discipline doit être la même que pour un devis ou un plan de financement : contrôle, traçabilité, et correction si nécessaire.


DSN intermittents : les rubriques et blocs qui vous exposent le plus !


La DSN des intermittents comporte des points d’attention spécifiques : certaines rubriques doivent être renseignées avec une précision particulière, et certains types d’activité sont strictement encadrés.


Le bloc Contrat : nature, fin prévisionnelle, convention collective


Dans les règles rappelées par Net-entreprises, vous retrouvez notamment :


  • une nature de contrat attendue (CDD de droit privé le plus souvent) ;

  • une logique de date de fin prévisionnelle, y compris des cas particuliers où vous renseignez le dernier jour travaillé du mois principal déclaré ;

  • le code de convention collective (au niveau établissement et/ou contrat) comme point de détermination du champ applicable.


La mauvaise pratique typique : copier-coller des valeurs « par habitude » alors que le cas intermittent est spécifique.


Le bloc Activité : jours, heures, cachets… et codes autorisés


C’est un grand générateur d’erreurs, parce que vous devez déclarer l’activité avec des unités codées. Pour les intermittents, Net-entreprises rappelle que certaines valeurs sont attendues/permises (ex. journée, cachets isolés/groupés, heures intermittents…) et qu’un bloc « journée » doit être déclaré pour chaque contrat.


Conséquence : si vous n’avez pas une règle claire dans votre organisation (comment vous transformez un planning en « activité DSN »), vous aurez des retours, des incohérences, ou des corrections mensuelles.


Les rémunérations particulières : doublage, rediffusion, intéressement…


Certains revenus ne se traitent pas « comme le reste ». Exemple fréquent : des droits de doublage et de rediffusion qui doivent être affectés correctement (et pas noyés dans le brut servant à certains calculs). Net-entreprises explicite ce type de point d’attention.

Le bon réflexe : dès qu’une rémunération « sort du standard » (droits, primes conditionnelles, différés), vous vérifiez son traitement paie et DSN, pas uniquement l’un ou l’autre.


gestion de Paie Intermittents en Production Audiovisuelle

Les codes et paramétrages qui font déraper la Paie (et donc la DSN)


Les « pièges » les plus coûteux ne sont pas toujours spectaculaires. Souvent, ce sont des détails de paramétrage : mauvais rattachement d’une rubrique, mauvaise affectation d’un organisme, ou incohérence entre le dossier paie et la configuration DSN.


Organismes et caisses : vous devez savoir « à qui vous déclarez quoi »


Entre complémentaire, retraite, caisses spécifiques (dont les congés), vous devez vérifier :

  • les identifiants attendus en DSN pour les organismes destinataires ;

  • la cohérence entre vos contrats, votre paramétrage paie et vos versements déclarés.

Sur les congés payés du spectacle, Audiens centralise l’information et les droits, ce qui implique un flux déclaratif et des paramètres associés.


Plafonds et bases : attention aux logiques journalières


Dans certains cas, des plafonds ou modalités s’apprécient à la journée (et pas comme une simple mensualisation). Si votre paramétrage « paie classique » reste en place, vous obtenez un bulletin plausible… mais une DSN non alignée avec les attendus des organismes ou des règles sectorielles.


Ne confondez pas simplification et approximation (GUSO et cas d’usage)


Le GUSO est un dispositif de simplification destiné au spectacle occasionnel, avec un périmètre précis. Il ne résout pas magiquement les sujets de paie/DSN d’une production audiovisuelle structurée : il répond à des situations ciblées (associations/organisateurs occasionnels, etc.).


Les pièges opérationnels les plus fréquents (et comment les éviter)


Voici les erreurs qui reviennent le plus souvent en production, et surtout la façon de les prévenir sans alourdir votre quotidien.


1) Le cachet « mal traduit » en DSN


Vous gérez un cachet isolé ou groupé, mais l’activité DSN ne reflète pas correctement la réalité (ou vous oubliez le bloc « journée » attendu). Résultat : incohérences, retours, corrections.


Prévention :

  • définissez une règle interne simple : à partir de quel document (feuille de service, planning, contrat) vous générez l’activité DSN ;

  • imposez une vérification systématique « activité ↔ contrat ↔ bulletin » avant l’envoi.


2) La date de fin prévisionnelle incohérente


En intermittent, la logique de fin prévisionnelle peut être contre-intuitive selon le type de CDD. Si vous « ajustez » des dates après coup sans respecter la logique attendue, vous créez des effets de bord déclaratifs.


Prévention :

  • fixez une convention de saisie (qui saisit quoi, quand, et à partir de quel justificatif) ;

  • évitez les modifications « à la volée » en fin de mois : vous documentez et vous tracez.


3) Les droits (doublage/rediffusion) noyés dans le brut


Vous payez correctement… mais vous classez mal la rubrique. Derrière, la DSN peut affecter le montant à une mauvaise catégorie, avec des impacts sur des calculs ou des contrôles.


Prévention :

  • créez des rubriques dédiées (pas des rubriques génériques) ;

  • validez le mapping DSN de ces rubriques dès la première occurrence.


4) Le « tout frais » qui devient un risque social


Les remboursements de frais doivent être distingués des éléments de rémunération. Si vous mélangez, vous vous exposez à des bases sociales erronées.


Prévention :

  • formalisez une politique frais (justificatifs, barèmes, natures) ;

  • utilisez des rubriques de remboursement correctement paramétrées.


5) Le contrôle URSSAF subi au lieu d’être préparé


Quand vous n’avez pas de dossier clair (contrat, justificatifs, rubriques paie, cohérence DSN), un contrôle devient un chantier.


Prévention :

  • gardez une « piste d’audit » : contrat + feuille de service/planning + bulletin + DSN + justificatifs ;

  • verrouillez vos modèles et évitez les exceptions non documentées.


Méthode simple : votre checklist de sécurisation avant envoi DSN


Vous n’avez pas besoin d’un process lourd. Vous avez besoin d’un process répétable.


Étape 1 — Contrats : 5 vérifications rapides

  • Identité employeur/établissement : OK

  • Fonction/emploi : cohérent avec le poste réel

  • Dates : début/fin/dernier jour travaillé (selon cas)

  • Convention collective renseignée si requise

  • Type de contrat et logique d’usage : cohérents


Étape 2 — Bulletins : 5 contrôles de bon sens (qui évitent 80% des ennuis)

  • Cohérence brut ↔ base ↔ cotisations

  • Rubriques « spéciales » isolées (droits, primes, frais)

  • Aucun montage « manuel » non traçable

  • Net à payer aligné avec les pièces de production (accords, contrats)

  • Pièces justificatives archivées


Étape 3 — DSN : 6 points à valider

  • Contrat correctement décrit (nature, fin prévisionnelle, CCN si nécessaire)

  • Activité déclarée avec les unités attendues (journées/heures/cachets selon cas)

  • Versements/organismes : identifiants et affectations cohérents

  • Anomalies/CRM/retours : traités (pas « ignorés »)

  • Cohérence entre DSN du mois et corrections éventuelles

  • Archivage du fichier et du rapport d’envoi


gestion comptable paie production audiovisuelle

Externaliser sans perdre le contrôle : le bon équilibre pour une production


Externaliser la paie n’est pas « déléguer la responsabilité ». C’est choisir un mode opératoire où vous gardez la main sur :


  • la qualité des inputs (contrats, plannings, éléments variables) ;

  • les validations (qui signe, qui valide, quand) ;

  • la traçabilité (dossier propre, justificatifs, historique des corrections).


L’intérêt d’un interlocuteur spécialisé, c’est de réduire votre charge mentale sur les sujets techniques (rubriques, paramétrage, retours DSN, sécurisation URSSAF) tout en vous laissant piloter la production. Côté Moov, les services affichés incluent notamment l’établissement des bulletins, la paie des intermittents, la rédaction/relecture des contrats de travail et une assistance en cas de contrôle URSSAF, ce qui correspond précisément aux zones de risque évoquées ici.


Vos derniers repères avant de lancer la paie du mois suivant !


Vous gagnez énormément à traiter la paie intermittent comme un système : contrats propres, rubriques paie structurées, DSN cohérente, et contrôles courts mais systématiques. Dès que vous standardisez vos modèles (contrat, collecte des éléments variables, rubriques « droits », workflow de validation), vous réduisez drastiquement les retours DSN et les corrections a posteriori. La clé est d’éviter le « bricolage » de fin de mois : chaque exception doit être justifiée, tracée, et traduite correctement dans la DSN.


Si vous ne deviez retenir qu’un principe : ce qui n’est pas préparé en amont coûtera toujours plus cher en aval. En audiovisuel, l’enjeu n’est pas seulement administratif : il touche la relation avec vos équipes, la crédibilité de la production, et la sérénité de votre pilotage. En mettant en place une checklist courte, en clarifiant votre règle de traduction des plannings en activité DSN, et en isolant les rémunérations particulières (droits, différés, frais), vous sécurisez à la fois vos bulletins et vos déclarations.


Enfin, gardez un réflexe : à la moindre zone grise, vous vérifiez la règle DSN applicable plutôt que d’improviser, car la norme et les consignes évoluent.

 
 
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