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Dividendes en SASU : comment ça marche, fiscalité et pièges !

  • yordan99
  • 11 déc. 2025
  • 8 min de lecture

Distribuer des dividendes en SASU fait rêver : vous transformez une partie du bénéfice de votre société en revenus personnels, souvent avec une pression sociale plus légère que le salaire. Mais derrière l’idée simple (“je me verse des dividendes”), la réalité est plus technique : calendrier juridique, comptes annuels, bénéfice distribuable, trésorerie, flat tax, option au barème, acomptes, PV… et plusieurs pièges classiques qui coûtent cher quand vous les découvrez trop tard.


Si vous êtes président d’une SASU, vous avez un levier intéressant : arbitrer entre rémunération (salaire) et dividendes, en fonction de vos objectifs (protection sociale, retraite, capacité d’emprunt, fiscalité, cash-flow). Le bon choix n’est jamais “100% dividendes” ou “100% salaire” par défaut : il dépend de votre activité, de votre résultat, de vos besoins personnels et du rythme de votre trésorerie.


Dans cet article, vous allez comprendre comment les dividendes fonctionnent en SASU, quelles règles vous devez respecter pour les distribuer légalement, comment la fiscalité s’applique, et surtout comment éviter les erreurs fréquentes qui transforment une optimisation en problème (fiscal, social ou de gestion). Objectif : vous donner une méthode claire et actionnable, sans jargon inutile, pour décider et sécuriser vos distributions.


1) Dividendes en SASU : définition, logique et conditions de base


Un dividende, c’est la part du bénéfice (ou de certaines réserves) que la société décide de distribuer à l’associé unique. En SASU, vous êtes souvent à la fois président et associé unique : vous pilotez la société au quotidien et, une fois les comptes arrêtés, vous décidez si une partie des gains peut sortir vers vous sous forme de dividendes. Attention : un dividende n’est pas un “salaire alternatif”. Vous ne le touchez pas parce que vous avez travaillé, vous le touchez parce que la société a réalisé un résultat distribuable et que vous choisissez de l’affecter en distribution.


Pour pouvoir distribuer, il faut généralement : clôturer un exercice, établir et approuver des comptes annuels, déterminer le bénéfice distribuable (après impôt sur les sociétés, après affectation légale, et en tenant compte des pertes antérieures), puis formaliser une décision d’affectation du résultat. Enfin, il faut que la société ait la trésorerie suffisante pour payer réellement ce qu’elle “déclare”.


Les dividendes sont donc un acte de gestion qui se prépare. Si vous distribuez trop tôt, trop vite, ou sans base comptable solide, vous pouvez fragiliser votre entreprise… ou attirer des ennuis en cas de contrôle. C’est aussi un sujet stratégique : votre manière de vous rémunérer impacte vos droits sociaux, votre fiscalité personnelle et la capacité de la SASU à investir. Dans cette approche, Moov accompagne les dirigeants de SASU à prendre les bonnes décisions stratégiques et fiscales.


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2) Le chemin légal : comment distribuer des dividendes, étape par étape


Distribuer des dividendes, ce n’est pas “faire un virement”. Vous devez suivre un processus précis. La bonne nouvelle : en SASU, c’est plus simple que dans une société à plusieurs associés, car vous centralisez la décision. La mauvaise : la formalisation reste obligatoire.


Les étapes incontournables


  1. Clôture de l’exercice : votre SASU clôture au 31/12 ou à une autre date fixée dans les statuts.

  2. Établissement des comptes annuels : bilan, compte de résultat, annexe (selon obligations).

  3. Calcul du résultat : bénéfice après IS, puis détermination du “distribuable” (réserves + report à nouveau + bénéfice, moins pertes antérieures et dotations obligatoires).

  4. Décision d’affectation du résultat : en SASU, vous prenez une décision en tant qu’associé unique (procès-verbal). Vous choisissez : mise en réserve, report à nouveau, distribution, ou mix.

  5. Mise en paiement : vous fixez une date de versement et vous payez effectivement.

  6. Obligations déclaratives : la distribution déclenche des déclarations et prélèvements (souvent gérés via votre banque ou votre conseil, selon le montage et les flux).


PV et paperasse : ce que vous devez garder propre


Même si vous êtes seul, vous devez rédiger un PV (décision de l’associé unique) qui acte l’approbation des comptes et l’affectation du résultat. C’est un document clé : en cas de contrôle, il justifie que la distribution est légitime, datée, et cohérente avec les comptes.


Attention au calendrier


Dans la pratique, on distribue souvent après l’approbation des comptes. Plus vous organisez cela tôt (comptabilité à jour, inventaire, justification des charges), plus vous gardez la main sur votre timing de trésorerie. Si votre comptabilité est en retard, vos dividendes le seront aussi.


3) Bénéfice distribuable : ce que vous pouvez réellement sortir (et ce que vous ne pouvez pas)


Beaucoup d’erreurs viennent d’une confusion simple : résultat comptable ≠ cash disponible ≠ bénéfice distribuable.


Résultat vs trésorerie : la confusion la plus coûteuse


Votre SASU peut afficher un bénéfice… et manquer de trésorerie, par exemple si vous avez :


  • beaucoup de factures clients non encaissées,

  • un stock qui a augmenté,

  • des investissements payés,

  • des charges sociales ou fiscales à venir.


Distribuer dans ce contexte, c’est parfois étrangler l’entreprise. Votre dividende peut être “autorisé” sur le papier, mais dangereux en gestion.


Les réserves et le report à nouveau : des leviers utiles


Si vous avez laissé des bénéfices dans la société les années précédentes (réserves, report à nouveau), vous pouvez parfois distribuer même si l’exercice courant est moins bon, à condition que les règles soient respectées (pas de distribution si capitaux propres insuffisants selon certaines situations, vigilance sur pertes, etc.).


Dotation à la réserve légale


Selon votre structure, vous devez parfois doter la réserve légale avant de distribuer (logique de sécurisation des capitaux). Ne la “zappez” pas : c’est typiquement le genre de détail qui rend un dossier fragile.


4) Fiscalité des dividendes en SASU : PFU, barème, abattement… vous choisissez (souvent)


La fiscalité des dividendes se joue surtout à votre niveau personnel. En SASU soumise à l’IS (cas le plus fréquent), la société paie d’abord l’impôt sur les sociétés sur son bénéfice, puis les dividendes distribués sont imposés chez vous.


Le PFU (flat tax) : la voie “simple”


Le PFU (prélèvement forfaitaire unique) est souvent présenté comme la solution par défaut. Dans l’esprit, vous payez un taux global qui inclut :


  • l’impôt sur le revenu (part forfaitaire),

  • les prélèvements sociaux.


Avantage : c’est lisible, et parfois compétitif. Inconvénient : ce n’est pas toujours le meilleur choix si votre tranche d’imposition est faible.


L’option au barème : parfois plus intéressant que vous ne le pensez


Vous pouvez, dans certains cas, opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Dans ce scénario, vous bénéficiez généralement d’un abattement sur les dividendes (selon règles applicables), puis vous ajoutez le reste à vos revenus imposables.

Ça peut être pertinent si :


  • votre revenu global est modéré,

  • vous avez des crédits/réductions d’impôt,

  • vous voulez lisser votre fiscalité.


Point important : cette option s’apprécie avec votre situation globale. Si vous décidez “au feeling”, vous risquez de choisir la pire option une année donnée.


Dividendes et acompte : attention au décalage de trésorerie personnelle


Selon votre mécanisme de prélèvement, une partie peut être prélevée à la source ou réglée via votre imposition annuelle. Dans tous les cas, retenez ceci : un dividende net perçu ne correspond pas au coût fiscal final dans toutes les situations. Anticipez votre impôt pour ne pas subir un rattrapage.


5) Dividendes vs salaire en SASU : le vrai arbitrage, au-delà de la fiscalité


Le débat “salaire ou dividendes” est souvent mal posé. La bonne question : quels objectifs voulez-vous sécuriser ?


Protection sociale : le point que beaucoup regrettent trop tard


En SASU, votre salaire (en tant que président assimilé salarié) vous ouvre des droits : maladie, retraite, prévoyance selon votre couverture, et une meilleure cohérence “sociale”. Les dividendes, eux, ne remplacent pas ce socle de protection. Si vous ne vous versez presque pas de salaire, vous pouvez vous retrouver avec :


  • une retraite très faible,

  • une protection limitée,

  • une difficulté à justifier vos revenus auprès de certains organismes.


Crédit immobilier et capacité d’emprunt


Les banques aiment la stabilité. Un salaire régulier est souvent plus lisible qu’un dividende variable, surtout si vous distribuez “quand ça va”. Les dividendes peuvent être pris en compte, mais souvent avec prudence, sur plusieurs exercices, et avec décote.


Pilotage de trésorerie : le dividende, c’est du “variable”


Vous pouvez moduler une distribution selon les années. C’est un avantage… si vous avez une comptabilité fiable et une trésorerie maîtrisée. Sinon, c’est une source de stress et d’erreurs.


Une stratégie mixte est souvent la plus robuste


Beaucoup de dirigeants trouvent un équilibre : un salaire socle pour les droits + des dividendes quand le résultat le permet. L’intérêt : vous sécurisez votre quotidien, tout en gardant un levier d’optimisation.


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6) Les pièges classiques des dividendes en SASU (et comment les éviter)


Voici les erreurs qui reviennent le plus souvent, y compris chez des dirigeants expérimentés.


Piège n°1 : distribuer sans trésorerie réelle


Vous pouvez avoir le droit de distribuer… et ne pas avoir l’argent. Résultat : vous puisez dans la trésorerie d’exploitation, vous retardez vos charges, vous fragilisez la société. Réflexe à adopter : avant toute décision, vérifiez votre plan de trésorerie à 3–6 mois.


Piège n°2 : confondre dépenses perso et distribution


Faire payer des dépenses personnelles par la SASU “en attendant” une distribution est une très mauvaise habitude. Si ces dépenses ne sont pas justifiables comme charges professionnelles, vous vous exposez à des requalifications et à des pénalités. Bonne pratique : séparez strictement pro/perso et organisez des flux clairs (salaire, dividendes, remboursements de frais cadrés).


Piège n°3 : oublier la documentation


Le PV, l’approbation des comptes, l’affectation du résultat, la date de mise en paiement… ce sont des formalités, oui, mais surtout des preuves. Sans elles, vous perdez votre bouclier en cas de contrôle.


Piège n°4 : “tout dividende” et zéro salaire


Fiscalement, cela peut paraître séduisant. Socialement et financièrement, cela peut devenir une impasse : pas de droits, dossier bancaire plus faible, et une pression personnelle plus forte en cas d’année creuse. Même un salaire modeste, bien pensé, peut changer la donne.


Piège n°5 : décider trop tard (ou trop tôt)


Trop tard : vous subissez votre calendrier et votre impôt. Trop tôt : vous distribuez sans visibilité. La bonne zone : quand vos comptes sont fiables, que votre IS est anticipé, et que votre trésorerie est modélisée.


7) Bonnes pratiques : sécuriser vos dividendes comme un dirigeant “pro”


Pour transformer les dividendes en outil stratégique (plutôt qu’en risque), adoptez une méthode.


1) Travaillez votre comptabilité “en continu”


Plus votre comptabilité est à jour, plus vous pouvez piloter. Objectif : éviter la surprise de fin d’année (charges oubliées, TVA mal anticipée, IS sous-estimé).


2) Construisez un scénario de rémunération


Faites un schéma simple :


  • salaire mensuel cible (socle),

  • dividendes potentiels (si résultat > X),

  • réserve de sécurité (cash minimum en société),

  • enveloppe investissement (marketing, matériel, recrutement).


Vous ne cherchez pas la perfection : vous cherchez une règle de décision.

3) Anticipez l’impôt personnel


Quand vous percevez un dividende, mettez de côté un pourcentage destiné à l’impôt (selon votre option PFU/barème). Vous évitez le piège du “j’ai tout consommé, puis j’ai un rattrapage”.


4) Pensez “capacité de la société à croître”


Une SASU trop vidée en dividendes devient fragile : elle investit moins, elle encaisse moins bien un retard client, elle recrute difficilement. Un dividende réussi, c’est un dividende qui ne vous met pas en danger le trimestre suivant.


5) Faites valider la mécanique quand les montants deviennent significatifs


Plus les distributions montent, plus la qualité de l’arbitrage compte. Un petit ajustement peut faire une grosse différence (salaire socle, timing, option fiscale, stratégie de réserves).


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À vous de jouer : des dividendes utiles, pas des ennuis


Les dividendes en SASU sont un excellent outil… si vous les traitez comme un acte de gestion et non comme un simple virement. Vous devez respecter un cadre (approbation des comptes, bénéfice distribuable, PV), vérifier la trésorerie réelle, puis choisir la fiscalité la plus cohérente avec votre situation personnelle. Le gain n’est pas seulement “payer moins”, c’est surtout payer juste, sécuriser votre protection, et garder une entreprise capable d’investir.


Si vous vous versez uniquement des dividendes, vous risquez de sacrifier des droits sociaux, de compliquer vos projets bancaires, et de rendre vos revenus instables. À l’inverse, si vous vous versez uniquement un salaire, vous pouvez perdre une partie de la souplesse offerte par la SASU. Une stratégie mixte, pilotée avec méthode, est souvent la voie la plus robuste.

Gardez un principe simple : un dividende réussi est un dividende documenté, finançable par la trésorerie, optimisé fiscalement, et aligné avec vos objectifs à 12–24 mois. Et si vous sentez que vous naviguez à vue, faites-vous accompagner : ce sujet vaut largement un arbitrage propre plutôt qu’une correction coûteuse après coup.

 
 
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