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Plan de Trésorerie d’une Production Audiovisuelle : Modèle et Méthode

  • 7 juin
  • 12 min de lecture

Produire un film, une série, un documentaire, une publicité ou un programme destiné à une plateforme ne consiste pas seulement à réunir un budget cohérent. Vous devez également disposer de l’argent au moment précis où chaque dépense devient exigible. Cette distinction paraît simple, mais elle explique une grande partie des tensions rencontrées par les sociétés de production. Un projet peut être intégralement financé sur le papier tout en manquant de liquidités quelques jours avant le tournage, au moment de payer les acomptes techniques, les salaires, les transports ou les décors.


Le plan de trésorerie transforme donc le plan de financement en calendrier opérationnel. Il indique quand les apports des diffuseurs, coproducteurs, organismes publics, partenaires privés ou investisseurs doivent être encaissés, puis les rapproche des paiements réellement attendus. Il permet de repérer les creux de trésorerie, d’anticiper un besoin de financement relais et de négocier suffisamment tôt avec les partenaires concernés.


Pour être utile, ce document doit rester vivant. Il doit intégrer les délais contractuels, les conditions de versement, la TVA, les charges sociales, les imprévus et les changements de planning. Vous découvrirez dans ce guide une méthode complète, un modèle de tableau et les principaux réflexes à adopter pour piloter la trésorerie de votre production audiovisuelle avec davantage de sécurité.


Pourquoi le Plan de Trésorerie est indispensable en Production Audiovisuelle


Le plan de trésorerie est un tableau prévisionnel qui classe les encaissements et les décaissements selon leur date réelle de paiement, généralement mois par mois, mais parfois semaine par semaine lorsque le tournage approche. Il ne répond pas uniquement à la question « combien coûte le projet ? ». Il répond surtout à la question « l’argent disponible permettra-t-il de payer chaque échéance sans interruption ? ». Cette différence est essentielle dans l’audiovisuel, car les dépenses se concentrent souvent sur une période courte, tandis que les financements sont versés en plusieurs tranches, après signature, remise de justificatifs, début de tournage, livraison ou validation définitive.


Un budget équilibré peut donc masquer un déficit temporaire important. Sans anticipation, ce décalage peut entraîner des retards de paie, des tensions avec les prestataires, une impossibilité de confirmer un lieu ou une augmentation du coût global. À l’inverse, un plan fiable vous aide à prévoir les besoins, choisir le bon moment pour engager une dépense, sécuriser un financement relais et présenter une situation crédible à votre banque ou à vos partenaires.


Dans un secteur où la comptabilité doit suivre chaque œuvre, chaque poste et chaque phase, cet outil devient un véritable instrument de production. Pour structurer ce suivi avec une approche adaptée aux contraintes du secteur, nous vous invitons à contacter Moov, notre cabinet d'expert-comptable spécialisé dans la comptabilité de production audiovisuelle !


Plan de Trésorerie d’une Production Audiovisuelle

Budget, Plan de Financement et Plan de Trésorerie : trois documents différents


Ces trois tableaux se complètent, mais ils ne doivent jamais être confondus. Le budget de production estime le coût de l’œuvre. Il classe les dépenses par catégories : droits artistiques, personnel, interprétation, décors, costumes, matériel, transport, hébergement, régie, postproduction, assurances, frais généraux ou imprévus. Il permet de savoir combien le projet devrait coûter si les hypothèses retenues se réalisent.


Le plan de financement indique comment ce coût sera couvert. Vous y inscrivez, par exemple, l’apport du producteur, les préachats, les coproductions, les aides publiques, les financements territoriaux, les investissements privés, les recettes internationales, les crédits d’impôt attendus ou les minimums garantis. Il vérifie que les ressources prévues correspondent au coût total.


Le plan de trésorerie ajoute une dimension temporelle. Il ne suffit pas qu’une aide de 100 000 euros figure au plan de financement : vous devez savoir à quelle date elle sera versée, sous quelles conditions et en combien de tranches. De la même manière, une facture prévue au budget doit apparaître dans la trésorerie au mois de son paiement et non au mois où elle a été négociée.


Vous pouvez donc retenir une règle simple :


  • le budget répond à « combien devez-vous dépenser ? » ;

  • le plan de financement répond à « qui finance le projet ? » ;

  • le plan de trésorerie répond à « quand l’argent entre-t-il et quand sort-il ? ».


Cette distinction vous évite de considérer comme disponible une somme simplement acquise ou contractualisée. Elle vous oblige à raisonner en flux bancaires réels.


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Quelles données intégrer dans votre Prévision de Trésorerie ?


1) Les encaissements à inscrire


Chaque ressource doit être enregistrée à la date d’encaissement la plus réaliste possible. Vous devez donc partir des contrats, conventions, courriers d’attribution et échéanciers, plutôt que d’une estimation générale. Les encaissements peuvent notamment comprendre :


  • les apports en numéraire du producteur ;

  • les avances en compte courant d’associé ;

  • les préachats et acquisitions de droits par les diffuseurs ;

  • les apports des coproducteurs ;

  • les aides du CNC et les aides territoriales ;

  • les financements européens ou internationaux ;

  • les minimums garantis de distributeurs ou vendeurs internationaux ;

  • les recettes de commandes, de marques ou d’annonceurs ;

  • les emprunts bancaires et crédits de production ;

  • la mobilisation de créances ou les avances sur contrats ;

  • les remboursements de TVA ;

  • les crédits d’impôt, lorsqu’ils deviennent effectivement mobilisables ou remboursables ;

  • les recettes d’exploitation déjà identifiables.


Le CNC réunit plusieurs dispositifs d’aide concernant l’écriture, le développement, la production et certains mécanismes fiscaux. Toutefois, l’existence d’un dispositif ou l’obtention d’une décision favorable ne signifie pas que la totalité de la somme sera encaissée immédiatement. Le calendrier dépend du règlement applicable, de l’avancement de l’œuvre et des pièces à fournir. Vous devez donc traduire chaque financement en échéancier prudent.


2) Les décaissements à anticiper


Les sorties de trésorerie doivent être recensées avec le même niveau de précision. Une production audiovisuelle cumule des dépenses très différentes, dont certaines sont payées avant la prestation, d’autres après réception de facture, et d’autres encore selon un calendrier social ou fiscal. Votre tableau peut inclure :


  • les options, cessions de droits et rémunérations d’auteurs ;

  • les salaires des artistes, techniciens et personnels permanents ;

  • les cotisations sociales et contributions associées ;

  • les acomptes de location de matériel ;

  • les décors, accessoires, costumes et achats de régie ;

  • les réservations de lieux et autorisations ;

  • les transports, carburants, péages et stationnements ;

  • les hébergements et indemnités de déplacement ;

  • les assurances ;

  • les frais de restauration ;

  • les prestations de montage, étalonnage, mixage et effets visuels ;

  • la musique, les archives et les droits complémentaires ;

  • les frais juridiques, comptables et administratifs ;

  • les échéances d’emprunt et intérêts ;

  • la TVA à décaisser ;

  • les frais généraux imputables au projet ;

  • une enveloppe pour imprévus.


Le statut des artistes et techniciens intermittents implique des règles sociales spécifiques. Votre prévision doit donc intégrer le coût employeur et surtout la date des paiements sociaux, sans se limiter au salaire net versé. L’outil officiel Mon-entreprise de l’Urssaf distingue notamment les régimes applicables aux techniciens et aux artistes, ce qui confirme l’importance d’un chiffrage adapté à chaque situation.


Prévision de Trésorerie cinéma

Comment construire un plan de trésorerie audiovisuel étape par étape ?


1. Choisir le bon niveau de détail

Un tableau annuel mensuel peut suffire pendant le développement. En revanche, dès que la préparation commence, une vision hebdomadaire devient souvent préférable. Les semaines précédant le tournage concentrent les acomptes, les embauches, les réservations et les achats urgents. Une lecture uniquement mensuelle peut masquer un découvert de plusieurs jours. Vous pouvez conserver deux vues complémentaires :


  • une vue mensuelle couvrant toute la durée du projet ;

  • une vue glissante sur treize semaines pour le pilotage opérationnel.


La vue longue permet de surveiller l’équilibre général. La vue courte vous aide à décider quels paiements peuvent être engagés immédiatement.


2. Partir du planning de production


Le calendrier artistique et technique doit alimenter le calendrier financier. Vous devez positionner les dates de préparation, de tournage, de postproduction, de livraison et de clôture. Chaque phase déclenche des paiements particuliers.


Par exemple, la location d’une caméra peut nécessiter un acompte à la réservation, un règlement avant enlèvement puis une régularisation après restitution. Un studio peut demander une avance plusieurs semaines avant l’occupation. Un prestataire de postproduction peut facturer par jalons. Le plan de trésorerie doit reproduire ces conditions réelles.


3. Transformer chaque contrat en flux de trésorerie


Pour chaque contrat de financement, notez :


  • le montant total ;

  • le nombre de tranches ;

  • les conditions de déclenchement ;

  • les documents à transmettre ;

  • le délai administratif ou bancaire probable ;

  • la date d’encaissement prudente ;

  • la personne responsable du suivi.


Appliquez la même méthode aux contrats fournisseurs. Une facture à 30 jours fin de mois ne doit pas être placée à la date de livraison. Un acompte doit apparaître séparément du solde. Cette granularité est déterminante lorsque plusieurs dizaines de prestataires interviennent sur une période courte.


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4. Raisonner en TTC lorsque la trésorerie l’exige


Le budget analytique peut être présenté hors taxes selon le contexte, mais votre banque enregistre des montants réellement payés et encaissés. Pour construire une prévision bancaire utile, vous devez donc prendre en compte la TVA payée aux fournisseurs, la TVA collectée, les dates de déclaration et les éventuelles demandes de remboursement.

L’erreur classique consiste à utiliser uniquement des montants hors taxes dans un tableau censé expliquer le solde bancaire. Le résultat devient alors trompeur. Une colonne dédiée à la TVA permet de rapprocher la vision budgétaire de la vision de trésorerie.


5. Calculer le solde de chaque période


Pour chaque mois ou semaine, appliquez les formules suivantes :


Flux net de la période = total des encaissements – total des décaissements

Trésorerie de clôture = trésorerie d’ouverture + flux net de la période


La trésorerie de clôture devient ensuite la trésorerie d’ouverture de la période suivante. Dès qu’un solde devient négatif, vous identifiez un besoin de financement temporaire. Le montant du besoin maximal correspond au point le plus bas de la courbe, auquel vous devez ajouter une marge de sécurité.


6. Ajouter une marge de prudence


Un plan sans marge suppose que tous les financeurs paient exactement à la date prévue et que toutes les dépenses respectent le budget. Cette hypothèse est rarement adaptée à une production. Vous pouvez prévoir :


  • un retard d’encaissement de plusieurs semaines sur certaines ressources ;

  • une hausse ciblée des postes les plus sensibles ;

  • des journées de tournage supplémentaires ;

  • des coûts de remplacement ou de réparation ;

  • un délai plus long pour un remboursement fiscal ;

  • une réserve de trésorerie minimale à ne jamais consommer.


La prudence ne consiste pas à gonfler arbitrairement toutes les lignes. Elle consiste à identifier les risques plausibles et à mesurer leur effet sur le calendrier bancaire.


plan de trésorerie audiovisuel

Modèle simplifié de plan de trésorerie pour une production


Le tableau suivant présente une structure de base. Les montants sont fictifs et doivent être adaptés au projet, aux contrats et au calendrier réel.


Flux de trésorerie

Mois 1

Mois 2

Mois 3

Mois 4

Mois 5

Trésorerie d’ouverture

40 000 €

65 000 €

20 000 €

-40 000 €

10 000 €

Apport producteur

50 000 €

0 €

0 €

0 €

0 €

Versement diffuseur

0 €

80 000 €

0 €

100 000 €

0 €

Aide publique

0 €

0 €

60 000 €

0 €

80 000 €

Crédit de production

0 €

0 €

0 €

70 000 €

0 €

Total encaissements

50 000 €

80 000 €

60 000 €

170 000 €

80 000 €

Droits et développement

10 000 €

5 000 €

0 €

0 €

0 €

Préparation

15 000 €

35 000 €

20 000 €

0 €

0 €

Tournage

0 €

55 000 €

80 000 €

75 000 €

0 €

Postproduction

0 €

0 €

15 000 €

35 000 €

55 000 €

Charges sociales et fiscales

0 €

30 000 €

5 000 €

10 000 €

25 000 €

Total décaissements

25 000 €

125 000 €

120 000 €

120 000 €

80 000 €

Flux net mensuel

25 000 €

-45 000 €

-60 000 €

50 000 €

0 €

Trésorerie de clôture

65 000 €

20 000 €

-40 000 €

10 000 €

10 000 €

Cet exemple fait apparaître un besoin temporaire au troisième mois. Même si les ressources cumulées finissent par couvrir les dépenses, la société ne peut pas attendre le quatrième mois pour payer les échéances du troisième. Vous devez donc négocier un apport supplémentaire, avancer un versement, mobiliser une créance, obtenir un crédit de production ou décaler certaines dépenses.


Le solde négatif du tableau constitue une alerte, pas une fatalité. Plus il est détecté tôt, plus vous disposez de solutions peu coûteuses et compatibles avec le planning.


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Adapter la Trésorerie aux différentes phases de Production


1) Le développement


Pendant le développement, les dépenses sont souvent plus diffuses : écriture, options sur droits, repérages initiaux, consultations juridiques, recherches documentaires ou préparation de dossiers. Les encaissements peuvent rester incertains. Vous devez donc distinguer les financements confirmés des financements espérés.


Une aide demandée ne doit pas être traitée comme une trésorerie acquise. Créez éventuellement une version « probable » et une version « sécurisée », mais ne lancez pas des dépenses irréversibles sur la seule base d’une hypothèse.


2) La préparation


La préparation marque une accélération. Vous engagez des équipes, réservez du matériel, bloquez des lieux et versez des acomptes. Le plan doit alors passer à une fréquence hebdomadaire. Vous devez identifier les engagements qui deviennent non remboursables et vérifier que les encaissements attendus seront disponibles avant leur signature.


Une attention particulière doit être portée aux dépenses qui conditionnent directement le tournage. Le non-paiement d’un acompte peut entraîner la perte d’un lieu, d’un équipement ou d’un prestataire essentiel. Votre tableau doit donc établir une hiérarchie claire entre les paiements indispensables, les paiements négociables et les dépenses pouvant être reportées.


3) Le tournage


Le tournage concentre généralement le risque maximal. Les salaires, locations, transports, frais de régie et dépenses quotidiennes s’enchaînent. Une journée supplémentaire peut avoir des effets sur plusieurs postes en même temps :


  • personnel ;

  • matériel ;

  • lieux ;

  • hébergement ;

  • restauration et assurances.


Un suivi quotidien des dépenses engagées peut être nécessaire, complété par une mise à jour hebdomadaire du plan. Vous devez rapprocher les bons de commande, feuilles de temps, notes de frais, factures et paiements prévus.


4) La postproduction et la livraison


La baisse des dépenses de plateau ne signifie pas que la tension disparaît. Le montage, le son, l’étalonnage, les effets visuels, la musique, les archives, le sous-titrage ou les livrables techniques peuvent représenter des montants importants.


Certains financements ne sont versés qu’après livraison ou validation. Vous devez donc prévoir la période pendant laquelle la production paie les derniers prestataires avant d’encaisser le solde des partenaires.


5) La clôture du projet


La clôture comprend les régularisations, factures tardives, charges sociales, déclarations fiscales, redditions de comptes et éventuels contrôles. Conservez une réserve suffisante tant que les coûts définitifs ne sont pas stabilisés.


Un excédent apparent ne doit pas être considéré comme librement disponible si des engagements restent à payer ou si des justificatifs conditionnent encore un financement. Vous devez attendre que les principales dépenses soient rapprochées, que les comptes fournisseurs soient vérifiés et que les obligations contractuelles soient remplies.


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Comment Financer un creux de Trésorerie ?


Le premier levier consiste à agir sur le calendrier contractuel. Vous pouvez demander un acompte plus élevé, rapprocher une tranche de paiement, obtenir un règlement dès la remise d’un document intermédiaire ou négocier un délai fournisseur. Ces solutions doivent être discutées avant la période de tension.


Le deuxième levier concerne les ressources internes. Un apport du producteur ou une avance en compte courant peut couvrir un besoin limité, à condition de formaliser correctement l’opération et d’en mesurer les conséquences.


Le troisième levier repose sur le financement externe. Selon la solidité des contrats et la structure du projet, vous pouvez étudier un crédit de production, une autorisation de découvert, une mobilisation de créance, une cession de créance ou un préfinancement lié à certains dispositifs. La banque cherchera à comprendre l’origine du besoin, sa durée, les contrats qui sécurisent le remboursement et la marge disponible en cas de retard.


1) Négocier avec les financeurs suffisamment tôt


Un financeur peut accepter de modifier un échéancier lorsque la demande reste compatible avec le contrat et qu’elle est présentée avant l’apparition d’un incident. Vous devez expliquer précisément le décalage constaté, son montant, sa durée et les actions déjà engagées.


Une demande vague risque de susciter de la méfiance. À l’inverse, un tableau actualisé montrant qu’une avance de 50 000 euros permet de couvrir un creux de six semaines avant un encaissement contractuel de 100 000 euros apporte une visibilité concrète.


2) Étudier les délais fournisseurs avec prudence


Le report d’un paiement peut apporter une solution temporaire, mais il ne doit pas fragiliser la relation avec un prestataire stratégique. Vous devez distinguer une négociation formalisée d’un simple retard subi.


Lorsque le fournisseur accepte un échéancier, inscrivez chaque nouvelle échéance dans le plan de trésorerie. Vous éviterez ainsi de déplacer artificiellement le problème vers une période déjà chargée.


Trésorerie d’une Production Audiovisuelle

TVA, Salaires et Charges Sociales : trois sources fréquentes de décalage


La TVA peut améliorer ou détériorer temporairement la trésorerie selon la structure des opérations. Vous devez distinguer la TVA facturée, la TVA payée, la TVA déclarée et la TVA effectivement remboursée. Un crédit de TVA comptable ne correspond pas automatiquement à une somme déjà disponible sur le compte bancaire.


Les salaires exigent une prévision séparée. Le plan doit identifier les dates de paie, les acomptes éventuels et les régularisations. Les dépenses de personnel ne se limitent pas aux virements nets adressés aux salariés.


Les charges sociales doivent être placées au moment où elles seront réglées. Si vous les rattachez uniquement au mois de travail sans tenir compte de leur échéance réelle, vous risquez de sous-estimer un futur décaissement. Pour conserver une lecture claire, vous pouvez créer trois lignes distinctes : salaires nets, charges salariales et charges patronales, puis regrouper les organismes ou échéances dans un sous-tableau.


Cette séparation rend les contrôles plus simples et facilite le rapprochement avec la paie. Elle aide également à éviter qu’un mois apparemment confortable soit suivi d’une échéance sociale insuffisamment provisionnée.


Vous devez enfin anticiper les modifications de contrats, heures supplémentaires, dépassements horaires, indemnités et frais professionnels. Les données définitives de paie peuvent différer du budget initial. Une mise à jour régulière du coût estimé des équipes permet de corriger le plan avant le règlement des salaires et cotisations.


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Faire de la Trésorerie un véritable outil de Production


Le plan de trésorerie d’une production audiovisuelle ne doit pas être traité comme une simple annexe comptable. Il relie le financement théorique du projet à son exécution concrète. Grâce à lui, vous savez si les fonds seront disponibles avant chaque engagement, si un décalage doit être financé et si le calendrier de production reste compatible avec les ressources réellement mobilisables.


Pour le construire efficacement, partez des contrats, du budget et du planning. Positionnez chaque encaissement selon une date prudente, détaillez les décaissements en tenant compte de la TVA, des paies et des charges, puis calculez le solde période par période. Ajoutez une marge de sécurité et confrontez un scénario central à une version dégradée. Enfin, actualisez le document à partir des mouvements réels et des nouveaux engagements.


Cette méthode vous donne le temps de négocier, d’arbitrer ou de rechercher un financement relais avant que la tension ne devienne urgente. Elle protège également la relation avec les équipes, les prestataires, les diffuseurs et les financeurs. Une production maîtrisée ne dépend donc pas uniquement d’un budget équilibré : elle dépend de votre capacité à disposer des liquidités au bon moment, à expliquer les écarts et à prendre des décisions suffisamment tôt.

 
 
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