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Coefficient Multiplicateur en Restauration : Comment Fixer ses Prix ?

5 sept.
13 min de lecture

Fixer le prix d’un plat dans un restaurant ne consiste pas simplement à prendre le coût des ingrédients et à ajouter une marge approximative. Chaque prix affiché sur votre carte doit permettre de couvrir le coût des matières premières, mais également les salaires, le loyer, l’énergie, les commissions éventuelles, les frais administratifs et l’ensemble des charges nécessaires au fonctionnement de votre établissement. Il doit aussi vous laisser une marge suffisante pour assurer la rentabilité de votre activité.


Le coefficient multiplicateur en restauration constitue justement l’un des outils les plus utilisés pour établir rapidement un prix de vente à partir du coût matière d’un plat ou d’une boisson. Son fonctionnement paraît simple, mais son utilisation demande davantage de réflexion qu’il n’y paraît. Appliquer exactement le même coefficient à l’ensemble de votre carte peut notamment conduire à des prix trop élevés sur certains produits et insuffisamment rentables sur d’autres.


Vous devez donc comprendre comment calculer ce coefficient, comment l’adapter à votre concept et surtout comment l’intégrer dans une stratégie tarifaire plus globale. Prix psychologique, marge brute, TVA, concurrence, portion servie ou encore coût du personnel doivent être pris en compte. Voici comment utiliser efficacement le coefficient multiplicateur pour fixer les prix de votre restaurant.


Qu’est-ce que le Coefficient Multiplicateur en Restauration ?


Le coefficient multiplicateur est une méthode permettant de passer rapidement du coût d’achat ou du coût matière d’un produit à son prix de vente. Le principe consiste à multiplier le coût des ingrédients nécessaires à la réalisation d’un plat par un coefficient déterminé à l’avance. Si un plat vous coûte par exemple 4 € de matières premières et que vous appliquez un coefficient de 4, le prix obtenu sera de 16 €. Cette méthode facilite la construction d’une carte et permet également d’harmoniser votre politique tarifaire.


Cependant, le coefficient ne doit pas être choisi arbitrairement. Il doit être cohérent avec votre niveau de charges, votre positionnement, le type de restauration proposé et les marges que vous souhaitez obtenir. Un restaurant gastronomique, une pizzeria, un établissement de restauration rapide ou un bistrot traditionnel ne présentent pas les mêmes structures de coûts.


Le coefficient constitue donc davantage un point de départ qu’une règle absolue. Vous devez ensuite confronter le prix obtenu aux attentes de votre clientèle, aux tarifs de vos concurrents et à la rentabilité réelle du plat. Une analyse régulière de vos ratios vous permet également de modifier vos tarifs lorsque le coût des matières premières évolue.



calculer le coefficient multiplicateur d’un restaurant

Comment calculer le Coefficient Multiplicateur d’un Restaurant ?


Le calcul du coefficient multiplicateur peut être effectué de deux manières selon les informations dont vous disposez. Vous pouvez tout d’abord utiliser la formule suivante :


Coefficient multiplicateur = Prix de vente / Coût matière


Prenez l’exemple d’un plat dont la réalisation nécessite 5 € de matières premières et qui est vendu 20 €. Le calcul sera :


20 ÷ 5 = 4


Votre coefficient multiplicateur est donc de 4. Vous pouvez également partir du coefficient souhaité afin de déterminer le prix :


Prix de vente = Coût matière × Coefficient multiplicateur


Pour un coût matière de 6 € avec un coefficient de 3,5 :


6 × 3,5 = 21 €


Le prix théorique obtenu est donc de 21 €. Cette méthode est simple, mais elle doit être utilisée avec prudence, notamment en fonction du traitement de la TVA.


1) Faut-il calculer le coefficient sur le prix HT ou TTC ?


La première difficulté concerne la comparaison entre le coût d’achat et le prix de vente.

Vous devez déterminer dès le départ si vos calculs sont réalisés hors taxes ou toutes taxes comprises et conserver la même méthode sur l’ensemble de vos tableaux de gestion.


Pour analyser précisément votre marge, les calculs hors taxes sont généralement particulièrement utiles puisqu’ils permettent de neutraliser la TVA et de comparer directement les produits. Le taux de TVA peut par ailleurs différer selon ce que vous commercialisez et les conditions de consommation. Vous devez donc éviter d’utiliser un coefficient sans savoir exactement sur quelles bases les différents montants ont été calculés.


2) Le coefficient multiplicateur n’est pas le taux de marge


Une confusion fréquente consiste également à assimiler coefficient multiplicateur et taux de marge. Si un produit vous coûte 5 € et qu’il est vendu 20 €, son coefficient est bien de 4. Cela ne signifie toutefois pas que votre marge correspond simplement à 400 %. La marge brute correspond à la différence entre votre prix de vente hors taxes et le coût d’achat ou coût matière correspondant. Vous devez donc distinguer :


  • le coefficient multiplicateur ;

  • la marge brute en euros ;

  • le taux de marge ;

  • le taux de marque ;

  • le ratio matière.


Ces indicateurs sont complémentaires et vous permettent de comprendre réellement la rentabilité de votre carte.


Quel coefficient multiplicateur appliquer en restauration ?

Quel Coefficient Multiplicateur appliquer en Restauration ?


Il n’existe pas un coefficient unique applicable à tous les restaurants. Certains professionnels utilisent des coefficients indicatifs autour de 3 ou 4 pour construire leurs prix. Ces valeurs peuvent servir de repères, mais elles ne doivent jamais être considérées comme des normes universelles. Le bon coefficient dépend surtout de votre modèle économique.


Un établissement affichant un coût de personnel élevé peut avoir besoin de marges supérieures à celles d’un concept fonctionnant avec très peu de salariés. De la même manière, un restaurant situé dans une zone où les loyers commerciaux sont particulièrement élevés doit intégrer cette contrainte dans ses prix. Votre coefficient peut donc évoluer selon plusieurs éléments :


  • votre niveau de charges fixes ;

  • le coût de votre personnel ;

  • votre ticket moyen ;

  • votre positionnement ;

  • votre taux de remplissage ;

  • votre volume de ventes ;

  • la concurrence locale ;

  • le coût des matières premières ;

  • votre taux de perte et de gaspillage.


Vous devez surtout éviter de construire toute votre carte autour d’un coefficient choisi uniquement parce qu’il est fréquemment utilisé dans votre secteur. Votre restaurant possède sa propre structure financière.


Pourquoi appliquer le même Coefficient à toute la carte est rarement idéal ?


Appliquer un coefficient identique à tous vos plats facilite considérablement vos calculs. Cette simplicité constitue son principal avantage. Elle constitue également sa principale faiblesse. Imaginez deux plats. Le premier présente un coût matière de 3 €. Le deuxième présente un coût matière de 15 €. Avec un coefficient de 4, vous obtenez respectivement :


3 × 4 = 12 €

et

15 × 4 = 60 €


Le premier prix peut sembler parfaitement cohérent à vos clients. Le second peut devenir beaucoup trop élevé par rapport au prix qu’ils sont prêts à payer. À l’inverse, certains produits dont le coût matière est extrêmement faible peuvent accepter des coefficients beaucoup plus importants sans que leur prix final paraisse excessif. Votre politique tarifaire doit donc être construite produit par produit ou au minimum famille par famille.


1) Différenciez plats, boissons et desserts


Les comportements de consommation sont différents selon les catégories. Une boisson peut parfois supporter un coefficient relativement important parce que son coût d’achat est faible par rapport au prix accepté par le consommateur. À l’inverse, certaines viandes, certains poissons ou produits haut de gamme nécessitent un coût matière important. Appliquer mécaniquement le même multiplicateur pourrait produire un prix de vente incompatible avec votre marché.


Vous pouvez donc définir différents objectifs de marge selon vos catégories : entrées, plats principaux, desserts, boissons sans alcool, vins, cocktails ou menus. Cette approche permet de raisonner sur la rentabilité générale du repas plutôt que d’exiger exactement la même performance financière de chaque référence.


calculer précisément le coût matière de chaque plat

Commencez par Calculer précisément le Coût Matière de chaque plat


Votre coefficient multiplicateur ne peut être fiable que si votre coût matière l’est également.

Vous devez donc créer une fiche technique pour chaque recette proposée à la carte. Cette fiche doit indiquer précisément les quantités utilisées et le coût correspondant. Prenez par exemple un burger composé de :


  • 160 g de viande ;

  • un pain ;

  • 30 g de fromage ;

  • une portion de sauce ;

  • plusieurs légumes ;

  • une portion d’accompagnement.


Vous devez connaître le prix réel de chaque quantité utilisée. Si votre viande coûte 15 € par kilogramme, une portion de 160 g représente par exemple :


15 × 0,160 = 2,40 €


Vous effectuez ensuite le même calcul pour tous les composants afin d’obtenir votre coût matière total.


N’oubliez pas les ingrédients apparemment insignifiants


Les restaurateurs ont parfois tendance à calculer uniquement les principaux ingrédients. Pourtant, plusieurs petits coûts peuvent représenter une somme importante à l’échelle d’une année. Vous pouvez notamment intégrer :


  • sauces ;

  • huiles ;

  • épices ;

  • condiments ;

  • décoration ;

  • pain ;

  • accompagnements ;

  • emballages pour la vente à emporter.


Quelques centimes oubliés sur un plat vendu plusieurs milliers de fois peuvent finir par représenter plusieurs centaines ou milliers d’euros. Une fiche technique détaillée améliore donc considérablement la fiabilité de vos calculs.


Utilisez le ratio matière pour contrôler votre rentabilité


Une fois votre prix de vente déterminé, vous pouvez analyser votre ratio matière.

La formule simplifiée est :


Ratio matière = Coût matière / Prix de vente × 100


Supposons qu’un plat coûte 6 € de matières premières et soit vendu 24 €. Vous obtenez :


6 ÷ 24 × 100 = 25 %


Le coût matière représente donc 25 % du prix utilisé dans votre calcul. Plus ce pourcentage augmente, plus la part restante pour couvrir les autres charges diminue. Pour autant, viser systématiquement le ratio matière le plus bas possible n’est pas nécessairement une bonne stratégie.


La qualité de vos produits participe directement à la satisfaction de vos clients. Réduire excessivement les portions ou choisir des matières premières moins qualitatives simplement pour améliorer votre ratio peut dégrader l’expérience proposée. Vous devez rechercher un équilibre entre qualité, prix acceptable et rentabilité.


harges avant de valider un prix restaurant

Intégrez toutes vos Charges avant de valider un Prix


Le coût matière est fondamental, mais il ne représente qu’une partie des dépenses de votre restaurant. Votre marge doit servir à financer l’ensemble des autres charges. Parmi celles-ci figurent généralement :


1) La masse salariale


Serveurs, cuisiniers, plongeurs, responsables de salle, chefs de rang ou managers représentent souvent un poste de dépense très important. Votre organisation du travail influence donc directement votre rentabilité. Un établissement nécessitant beaucoup de personnel devra généralement générer davantage de marge par couvert qu’un modèle reposant sur une organisation plus légère.


2) Le loyer et les charges liées au local


Un emplacement particulièrement attractif peut générer davantage de chiffre d’affaires, mais également coûter beaucoup plus cher. Votre prix de vente doit intégrer cette réalité économique. Deux restaurants proposant exactement le même plat peuvent ainsi avoir besoin d'appliquer des prix différents simplement parce que leur structure de charges n’est pas comparable.


3) L’énergie


Électricité, gaz, chauffage, climatisation, chambres froides, fours et équipements de cuisson représentent également une part de vos dépenses. Les variations du coût de l’énergie peuvent donc affecter directement votre seuil de rentabilité.


4) Les frais administratifs et financiers


Vous devez également couvrir les assurances, abonnements logiciels, frais bancaires, comptabilité, maintenance, commissions sur les paiements et nombreuses autres dépenses nécessaires au fonctionnement quotidien. C’est pour cette raison qu’un plat rentable en apparence peut finalement contribuer beaucoup moins que prévu au résultat de votre restaurant.


Analysez le Prix psychologique avant de modifier votre Carte


La rentabilité ne suffit pas à déterminer un bon prix. Votre client doit également considérer ce tarif comme cohérent. Imaginez qu’un calcul financier vous indique qu’un plat devrait être vendu 27,64 €. Afficher exactement 27,64 € sur une carte serait rarement pertinent. Vous pourriez plutôt retenir 27 €, 27,50 €, 28 € ou éventuellement 29 € selon le positionnement de votre établissement. Le prix final doit être cohérent avec l’image de votre restaurant.


Votre positionnement influence fortement vos prix


Un client n’interprète pas un tarif de la même manière selon qu’il se trouve dans :


  • une cantine de quartier ;

  • une brasserie ;

  • un restaurant gastronomique ;

  • un restaurant touristique ;

  • un établissement haut de gamme ;

  • un concept de restauration rapide.


Dans certains établissements, un prix particulièrement bas peut même devenir contre-productif. Il peut laisser penser que la qualité des ingrédients ou de la préparation est inférieure à ce que le client attend. Vous devez donc aligner votre politique tarifaire avec votre identité commerciale.


Comparez vos tarifs restaurateurs

Comparez vos Tarifs avec ceux de vos Concurrents


Observer les prix pratiqués par des restaurants comparables vous permet de mieux comprendre votre marché. L’objectif n’est toutefois pas de recopier leurs tarifs.

Vous ne connaissez généralement ni leurs coûts matières, ni leurs loyers, ni leur masse salariale, ni leur niveau d’endettement. Deux établissements voisins peuvent présenter des situations économiques totalement différentes.


Vous devez donc utiliser la concurrence comme un indicateur de marché. Si la majorité des restaurants comparables vendent un plat entre 18 € et 22 € et que votre calcul vous conduit à 34 €, vous devez comprendre l’origine de cette différence.


Plusieurs hypothèses sont possibles : votre coût matière est trop élevé, votre portion est surdimensionnée, votre fournisseur est trop cher, votre recette contient trop d’ingrédients coûteux ou votre positionnement vous permet réellement de vendre plus cher.

L’important est de pouvoir expliquer l’écart.


Travaillez la Marge globale plutôt que chaque Plat isolément


Votre restaurant doit être rentable dans son ensemble. Vous pouvez donc accepter qu’un produit présente une marge relativement faible lorsqu’il joue un rôle stratégique. Certains plats très attractifs peuvent attirer les clients et favoriser la vente d’autres produits plus rentables. Prenez un repas comprenant :


  • une entrée ;

  • un plat ;

  • une boisson ;

  • un dessert ;

  • éventuellement un café.


Le plat principal peut afficher un coefficient modéré tandis que la boisson, le dessert et le café contribuent davantage à la marge totale. Votre objectif devient alors d’optimiser la marge par couvert. Cette approche est souvent beaucoup plus pertinente qu’une analyse isolée de chaque produit.


Les menus peuvent améliorer votre ticket moyen


Créer des formules permet également d’orienter les choix. Un client initialement venu pour commander uniquement un plat peut être incité à choisir une formule comprenant une entrée ou un dessert pour quelques euros supplémentaires. Votre chiffre d’affaires par couvert augmente alors sans nécessairement faire progresser vos charges dans les mêmes proportions. Vous devez toutefois vérifier régulièrement que la composition du menu reste rentable malgré l’évolution du prix de vos matières premières.


variations de coût restaurant

Réduisez les variations de Coût grâce aux fiches techniques


Même avec un bon coefficient multiplicateur, votre marge peut se détériorer si les quantités servies ne sont pas constantes. Une recette prévue avec 150 grammes d’un ingrédient ne doit pas régulièrement être servie avec 180 ou 200 grammes. L’écart paraît parfois insignifiant à l’échelle d’une assiette. Il devient beaucoup plus important après plusieurs milliers de services. Les fiches techniques servent donc à standardiser :


  • les ingrédients ;

  • les grammages ;

  • les portions ;

  • la présentation ;

  • le coût matière théorique.


Vous pouvez ensuite comparer ce coût matière théorique avec vos achats réels. Une différence importante peut révéler du gaspillage, des portions trop généreuses, des erreurs d’inventaire ou des pertes.


Surveillez également le gaspillage et les pertes de votre Restaurant


Votre coefficient peut être parfaitement calculé sur le papier et devenir inefficace dans la réalité si votre restaurant génère beaucoup de pertes. Supposons que vous achetiez pour 10 000 € de marchandises. Si une partie importante de ces produits est jetée avant d’être vendue, votre véritable coût matière par plat augmente mécaniquement. Les causes peuvent être nombreuses :


  • surstockage ;

  • mauvaise prévision de fréquentation ;

  • produits périmés ;

  • erreurs de préparation ;

  • portions trop importantes ;

  • stockage inadéquat ;

  • carte contenant trop de références.


Vous devez donc suivre les pertes et identifier les produits les plus concernés.

Réduire le gaspillage peut parfois améliorer votre rentabilité davantage qu’une hausse généralisée des prix.


fréquence changement de prix restaurant

À quelle fréquence faut-il Recalculer ses Prix ?


Une carte ne devrait pas rester figée pendant plusieurs années. Le coût des matières premières évolue régulièrement. Votre viande achetée 12 € le kilogramme peut passer à 14 €, puis 15 €. Le prix de certains légumes peut également varier fortement selon les saisons.

Si votre prix de vente reste identique pendant que vos coûts augmentent, votre marge se réduit progressivement.


Vous devez donc mettre à jour régulièrement vos fiches techniques. Il n’est pas forcément nécessaire de changer votre carte chaque semaine. En revanche, vous pouvez mettre en place un suivi mensuel ou trimestriel des principaux ingrédients.


Mettez en place des seuils d’alerte


Vous pouvez également déterminer un niveau de variation à partir duquel une analyse devient nécessaire. Par exemple, si le coût matière d’un plat augmente de plus de 5 ou 10 %, vous pouvez vérifier immédiatement si le prix reste pertinent. Plusieurs solutions existent alors :


  • augmenter le prix ;

  • négocier avec le fournisseur ;

  • changer de fournisseur ;

  • ajuster légèrement la recette ;

  • réduire une portion surdimensionnée ;

  • modifier l’accompagnement ;

  • retirer le produit de la carte.


L’augmentation du tarif n’est donc pas votre seule possibilité.


Utilisez votre Carte comme un véritable outil de gestion Comptable !


Une carte de restaurant ne sert pas uniquement à présenter les plats disponibles.

Elle constitue également un véritable outil financier. Vous devez identifier les produits qui combinent popularité et rentabilité. Vous pouvez notamment classer vos plats selon deux critères :


  • leur volume de ventes ;

  • leur marge générée.


Vous obtenez alors plusieurs catégories. Certains plats sont très populaires et très rentables : ils doivent généralement être fortement valorisés. D’autres sont rentables mais peu commandés : vous pouvez améliorer leur présentation ou leur emplacement sur la carte. Certains sont populaires mais présentent une faible marge : vous pouvez tenter d’optimiser leur recette ou leur prix.


Enfin, les plats peu populaires et peu rentables doivent être sérieusement remis en question.

Cette analyse, souvent associée au principe de menu engineering, permet de construire une carte plus efficace sans nécessairement augmenter tous vos tarifs.


coefficient multiplicateur restaurant

Les erreurs à éviter lorsque vous utilisez un Coefficient Multiplicateur d'un Restaurant


Plusieurs erreurs peuvent fausser votre politique tarifaire.


1) Choisir arbitrairement un coefficient


Utiliser « coefficient 4 » simplement parce qu’un autre restaurateur le fait n’est pas une méthode suffisante. Votre structure financière est différente. Votre coefficient doit découler de vos coûts et de vos objectifs.


2) Ne jamais actualiser les fiches techniques


Une recette calculée il y a deux ans peut présenter aujourd’hui un coût complètement différent. Les prix fournisseurs doivent donc être actualisés.


3) Copier uniquement les tarifs des concurrents


Le prix d’un restaurant voisin ne dit rien de sa rentabilité. Vous devez connaître vos propres chiffres avant de comparer votre carte au marché.


4) Sous-estimer les petites dépenses


Quelques centimes perdus sur chaque assiette deviennent rapidement significatifs à grande échelle. Les sauces, garnitures, huiles ou emballages doivent donc être intégrés lorsque leur impact devient pertinent.


5) Chercher uniquement à réduire le coût matière


Réduire le coût matière ne doit jamais devenir votre seul objectif. Vous devez protéger la qualité perçue, la satisfaction client et la cohérence de votre concept. Une marge supérieure ne sert à rien si vos clients ne reviennent plus.


Construisez vos Prix à partir de données plutôt que d’intuition !


Le coefficient multiplicateur constitue un excellent outil de départ pour fixer les prix d’un restaurant, à condition de ne pas l’utiliser comme une règle automatique. Il vous permet de transformer rapidement un coût matière en prix théorique, mais ce montant doit ensuite être confronté à votre positionnement, votre concurrence, vos charges et aux attentes de votre clientèle.


Vous devez donc commencer par connaître précisément le coût de chacune de vos recettes grâce à des fiches techniques régulièrement actualisées. Vous pouvez ensuite définir plusieurs coefficients selon vos familles de produits, contrôler votre ratio matière et analyser la marge générée par chaque référence.


La rentabilité doit également être étudiée à l’échelle du repas et de votre établissement. Un plat affichant une marge modérée peut rester très intéressant s’il génère du volume ou favorise l’achat de boissons et desserts plus rentables.


Enfin, votre politique tarifaire doit évoluer. Le coût des matières premières, les salaires, l’énergie et les autres charges changent au fil du temps. En suivant régulièrement vos indicateurs de gestion, vous pouvez intervenir avant qu’une hausse des coûts n’érode progressivement votre résultat. Fixer vos prix devient alors une véritable décision de gestion, fondée sur des données plutôt que sur des approximations.

 
 
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