CDDU Audiovisuel : Contrat, Durée, Mentions et Indemnités
- 3 juin
- 15 min de lecture
Dans la production audiovisuelle, les besoins en personnel évoluent au rythme des projets. Une société peut devoir constituer rapidement une équipe pour préparer une émission, tourner un documentaire, produire une série, assurer une captation ou finaliser une phase de postproduction. Ces missions ont souvent une durée limitée, des calendriers discontinus et des besoins techniques très précis. Le contrat à durée déterminée d’usage, couramment appelé CDDU, répond à cette organisation particulière du travail.
Pour autant, le CDDU audiovisuel ne constitue pas un contrat simplifié que vous pouvez utiliser automatiquement dès qu’un projet est temporaire. Son recours suppose de respecter plusieurs conditions relatives à l’activité de l’entreprise, à la fonction du salarié et à la nature réellement temporaire de son emploi. Le contrat doit également contenir des mentions détaillées concernant le projet, la période d’engagement, la rémunération, le temps de travail et les organismes sociaux compétents.
Une erreur de qualification, un motif trop vague ou une succession injustifiée de contrats peut exposer votre société de production à une demande de requalification en CDI, à des rappels de salaire et à différentes sanctions. Pour sécuriser vos recrutements, vous devez donc comprendre précisément le fonctionnement du CDDU audiovisuel, depuis sa rédaction jusqu’au versement du dernier salaire.
Pourquoi le CDDU est-il aussi présent dans la Production Audiovisuelle ?
La production audiovisuelle repose sur une organisation par œuvres, programmes et phases de fabrication. Vous pouvez avoir besoin d’un cadreur pendant quelques journées de tournage, d’un ingénieur du son pour une captation, d’un monteur durant la postproduction ou d’un assistant réalisateur pendant une période déterminée. Une fois la mission achevée, le besoin correspondant peut disparaître totalement, alors même que votre société poursuit d’autres projets avec des équipes différentes. Le CDDU permet d’adapter les recrutements à cette réalité, mais uniquement lorsque l’emploi concerné présente un caractère temporaire incontestable.
Dans la convention collective de la production audiovisuelle, le recours à ce contrat est notamment limité aux artistes ainsi qu’aux emplois techniques ou artistiques directement liés à la conception, à la fabrication et au contenu des programmes. Vous ne devez donc pas utiliser automatiquement un CDDU pour un poste administratif permanent, une fonction de gestion récurrente ou un emploi nécessaire au fonctionnement quotidien de votre entreprise.
Une erreur contractuelle peut rapidement entraîner des conséquences financières supérieures au coût initial de l’embauche. Pour sécuriser cette gestion sociale particulière, vous pouvez vous entourer de professionnels connaissant les pratiques du secteur. Moov est un cabinet d'expert-comptable spécialisé dans la comptabilité de production audiovisuelle !

Qu’est-ce qu’un CDDU Audiovisuel ?
Le CDDU est un contrat de travail à durée déterminée réservé à certains secteurs dans lesquels il existe un usage constant de ne pas recourir au CDI pour certains emplois, en raison de la nature de l’activité et du caractère temporaire des missions.
Le Code du travail autorise ce contrat pour l’exécution d’une tâche précise et temporaire. Il ne suffit donc pas que l’entreprise appartienne au secteur audiovisuel. Vous devez également vérifier que l’emploi concerné peut légalement être pourvu par un CDDU et qu’il ne correspond pas à un besoin permanent de votre structure.
Dans la pratique, trois conditions doivent être réunies :
votre entreprise doit exercer une activité relevant d’un secteur autorisant le CDDU ;
la fonction du salarié doit faire partie des emplois pour lesquels le recours à ce contrat est admis ;
la mission doit être temporaire et rattachée à un projet ou à un objet précisément défini.
1) Le secteur audiovisuel n’autorise pas tous les CDDU
L’appartenance au secteur de la production audiovisuelle ne vous permet pas de placer l’ensemble de vos salariés sous CDDU. La convention collective nationale de la production audiovisuelle, identifiée par l’IDCC 2642, encadre précisément les fonctions pouvant être concernées.
En plus des artistes-interprètes et des artistes musiciens, seuls les emplois relevant des catégories conventionnelles autorisées et se rapportant directement à la conception, à la fabrication ou au contenu des programmes peuvent, en principe, faire l’objet d’un CDDU.
Vous pouvez notamment être amené à utiliser ce contrat pour certaines fonctions liées :
à la réalisation ;
à l’image ;
au son ;
au montage ;
à la décoration ;
aux costumes ;
à la régie ;
à la production opérationnelle ;
à la postproduction ;
à l’interprétation artistique.
Cette liste doit toujours être rapprochée de la classification conventionnelle applicable, de votre code NAF et des listes d’emplois reconnues par France Travail pour les techniciens relevant de l’annexe 8. Le simple intitulé choisi dans le contrat ne suffit pas : les tâches réellement accomplies doivent correspondre à la fonction déclarée.
À l’inverse, un poste stable de comptabilité générale, de direction administrative, de secrétariat permanent ou de gestion courante ne devient pas temporaire uniquement parce que l’entreprise produit plusieurs programmes. Lorsque le besoin existe continuellement, le CDI reste le contrat de référence.
2) Un emploi lié à un objet temporaire clairement identifiable
Le CDDU doit être conclu pour un objet déterminé dont le caractère temporaire est incontestable. Son terme peut être connu dès la signature ou dépendre de la réalisation d’un événement certain.
Vous devez donc éviter les formulations imprécises telles que :
« besoin de production » ;
« renfort temporaire » ;
« activité audiovisuelle » ;
« participation aux projets de l’entreprise ».
Le contrat doit plutôt identifier l’œuvre ou la phase concernée. Vous pouvez, par exemple, préciser que le salarié intervient pour le tournage de l’épisode 4 d’une série, la préparation d’un documentaire, le montage d’une émission ou la captation d’un événement déterminé.
Cette précision permet de démontrer que l’embauche ne sert pas à couvrir durablement l’activité normale et permanente de votre société. Le Code du travail interdit en effet à tout CDD, y compris au CDDU, d’avoir pour objet ou pour effet d’occuper durablement un emploi permanent.

Quelle est la Durée d’un CDDU dans l’Audiovisuel ?
Le CDDU peut être conclu avec une date de fin précisément fixée ou sans terme calendaire exact. Dans ce second cas, le contrat doit indiquer une durée minimale et l’événement qui entraînera sa fin.
1) Le CDDU à terme précis
Lorsque le calendrier de la mission est connu, vous pouvez inscrire une date de commencement et une date de fin. Cette solution est adaptée, par exemple, à un tournage programmé du 4 au 15 septembre ou à une période de montage planifiée sur trois semaines.
Le contrat prend normalement fin à la date indiquée. Si le salarié continue de travailler après cette échéance sans qu’un nouveau cadre contractuel soit établi, la relation de travail peut devenir un CDI.
Vous devez également distinguer la durée du contrat de la durée de travail réellement accomplie. Un salarié peut être engagé pendant une période comprenant des journées travaillées et des interruptions. Dans ce cas, les périodes de travail discontinues doivent être communiquées de manière suffisamment précise.
2) Le CDDU sans terme précis
Lorsque la date exacte d’achèvement du projet ne peut pas être connue à l’avance, le contrat peut prendre fin à la réalisation de son objet. Vous devez alors indiquer :
la date de début du contrat ;
sa durée minimale ;
l’événement objectif mettant fin à la relation ;
le projet ou la phase de production concernée.
Vous pouvez, par exemple, prévoir que le contrat se terminera à l’achèvement du montage définitif d’un épisode, sous réserve d’une durée minimale de quatre semaines. La fin du contrat ne doit pas dépendre d’une décision arbitraire de l’employeur. Elle doit être rattachée à un événement certain et vérifiable.
La convention collective de la production audiovisuelle prévoit justement la mention de la durée minimale lorsque le contrat prend fin avec la réalisation de son objet, ou l’indication d’une date de fin lorsqu’il est conclu à terme fixe.
3) Existe-t-il une durée maximale ?
La durée maximale de droit commun généralement applicable aux CDD ne s’applique pas de la même manière au CDD d’usage. Le CDDU peut donc être conclu pour la durée nécessaire à la mission et peut parfois être très court, notamment pour une journée de tournage ou quelques heures de captation.
Cette souplesse ne signifie cependant pas que vous pouvez prolonger indéfiniment une situation temporaire. Plus la relation dure, plus vous devez être capable de démontrer que chaque contrat correspond à un objet distinct ou à des raisons objectives justifiant le maintien d’un emploi temporaire.
Une durée particulièrement longue, combinée à des fonctions identiques, à un rythme de travail régulier et à l’absence de véritable interruption, peut révéler que le salarié occupe en réalité un emploi permanent.

Peut-on Enchaîner plusieurs CDDU avec le même Salarié ?
Les contrats d’usage peuvent se succéder avec un même salarié sans application du délai de carence habituellement exigé entre certains CDD. Le Code du travail prévoit expressément une exception au délai de carence pour les emplois dans lesquels il est d’usage constant de ne pas recourir au CDI.
Vous pouvez ainsi engager un technicien sur plusieurs productions différentes, sous réserve que chaque contrat soit justifié. Cette possibilité ne doit pas être confondue avec une autorisation de maintenir artificiellement un salarié dans une situation précaire.
Vous devez conserver, pour chaque engagement :
l’identité du programme ;
le numéro de l’épisode ou de la séquence ;
la phase de fabrication concernée ;
les dates d’intervention ;
la fonction exercée ;
les raisons justifiant son caractère temporaire.
Si le salarié travaille presque continuellement pour votre entreprise pendant plusieurs années, sur la même fonction et dans les mêmes conditions, il peut demander la requalification de la relation en CDI. Les juges examinent alors la réalité de l’emploi et les raisons objectives justifiant la succession des contrats.
Le cas particulier des collaborations continues de longue durée
La convention collective de la production audiovisuelle prévoit une protection spécifique pour certaines collaborations de longue durée.
Une collaboration est considérée comme continue et longue lorsque, pendant une période minimale de trois ans, la durée cumulée des CDDU conclus avec le même employeur dépasse 70 % de cette période. Les jours sont décomptés du premier au dernier jour de chaque contrat.
Lorsque ce seuil est atteint et que vous ne souhaitez proposer ni nouveau CDD ni CDI, vous devez informer le salarié au moins un mois avant la fin du dernier contrat. Une indemnité conventionnelle doit également lui être versée. Elle correspond au minimum, pour chaque année de collaboration continue, à 20 % du salaire mensuel moyen perçu pendant la période d’emploi.
Cette indemnité particulière ne doit pas être confondue avec la prime de précarité habituelle des CDD.
Quelles sont les Mentions obligatoires d’un CDDU Audiovisuel ?
Le CDDU doit obligatoirement être établi par écrit. Le contrat doit également définir précisément son motif. L’absence d’écrit ou l’absence de motif suffisamment précis peut entraîner sa requalification en CDI.
Dans la production audiovisuelle, la convention collective impose un formalisme particulièrement détaillé.
1) Le motif juridique du contrat
Le document doit indiquer qu’il s’agit d’un contrat à durée déterminée d’usage conclu sur le fondement de l’article L. 1242-2, 3°, du Code du travail.
Une simple mention « contrat intermittent » ou « contrat de tournage » n’est pas suffisante. Le terme « intermittent » désigne une situation professionnelle et un régime d’assurance chômage, mais ne remplace pas la qualification juridique du contrat.
2) L’identité des parties
Le contrat doit permettre d’identifier clairement :
la société employeuse ;
son adresse ;
son représentant ;
le salarié ;
son adresse et, selon votre organisation, les informations nécessaires à son dossier social.
Vous devez vérifier la cohérence entre le contrat, la déclaration préalable à l’embauche, le bulletin de salaire, la DSN et l’attestation employeur mensuelle.
3) L’objet du recours au CDDU
Le contrat doit identifier le programme auquel le salarié participe. Selon les situations, vous devez mentionner :
le titre de l’émission ;
le nom de l’œuvre ;
l’épisode ;
la séquence ;
la phase de production ;
le numéro d’objet lorsqu’il est applicable.
Cette mention constitue l’un des principaux éléments permettant de démontrer le caractère temporaire de l’emploi. La convention collective exige expressément que le contrat précise l’émission, l’épisode, la séquence ou la phase de production concernée.
4) Les dates et la période d’emploi
Le contrat doit comporter la date de début et :
soit la date précise de fin ;
soit la durée minimale et l’événement mettant fin au contrat.
Pour un engagement à temps plein, vous devez indiquer la période d’emploi. Lorsque la mission comprend des périodes discontinues, celles-ci doivent être portées à la connaissance du salarié.
Vous devez éviter de faire signer un contrat couvrant une période très large lorsque seules quelques journées de travail sont prévues, sans préciser lesquelles. Le calendrier contractuel doit rester cohérent avec les feuilles de service, les relevés d’heures et les éléments transmis en paie.

5) La fonction, la classification et le statut
Vous devez indiquer la fonction occupée selon la terminologie de la convention collective. Le contrat précise également si le salarié bénéficie d’un statut cadre ou non-cadre.
Cette classification détermine notamment :
le salaire minimal applicable ;
certaines cotisations sociales ;
les éventuelles majorations ;
le traitement de certaines heures ;
les régimes de retraite ou de prévoyance.
Une appellation interne ou créative ne doit pas remplacer la fonction conventionnelle. Vous pouvez ajouter un intitulé opérationnel, mais la classification officielle doit rester identifiable.
6) Le lieu et la durée du travail
Le CDDU doit mentionner le lieu de travail ou le lieu de rattachement lorsque plusieurs sites sont concernés. Vous devez aussi indiquer la durée quotidienne ou hebdomadaire de référence applicable au salarié.
Lorsque des déplacements, tournages extérieurs, horaires de nuit ou amplitudes particulières sont prévisibles, le contrat peut être complété par des dispositions adaptées. Vous devez parallèlement respecter les règles relatives aux durées maximales de travail, aux temps de repos et aux majorations conventionnelles.
7) La rémunération
Le contrat doit détailler :
le montant de la rémunération ;
sa composition ;
sa périodicité de versement ;
les primes ou accessoires prévus ;
le salaire minimal conventionnel applicable.
Vous devez vérifier la grille de salaires en vigueur à la date du contrat. Un montant conforme lors d’une production précédente peut devenir insuffisant après la revalorisation des minima conventionnels.
La convention exige également que la rémunération contractuelle ne soit pas inférieure au minimum applicable, sauf disposition d’entreprise plus favorable.
8) Les organismes et informations sociales
Parmi les autres indications conventionnelles figurent notamment :
l’intitulé de la convention collective ;
les conditions dans lesquelles elle peut être consultée ;
le numéro d’affiliation à la Caisse des Congés Spectacles ;
l’organisme de retraite complémentaire ;
l’institution de prévoyance ;
l’existence du règlement intérieur ;
les informations relatives au suivi médical ;
le lieu de dépôt de la déclaration préalable à l’embauche.
La convention collective prévoit une liste particulièrement complète de mentions. Vous avez donc intérêt à utiliser un modèle régulièrement actualisé plutôt qu’un ancien contrat repris d’une production précédente.

Quand le Contrat doit-il être remis au Salarié ?
La convention collective de la production audiovisuelle prévoit qu’un exemplaire écrit doit être remis au salarié lors de l’embauche ou, au plus tard, dans les 48 heures suivant celle-ci. Le Code du travail fixe également une transmission au plus tard dans les deux jours ouvrables suivant l’embauche.
Dans la pratique, vous devez chercher à faire signer le contrat avant la prise de poste. Cette anticipation permet de vérifier :
la fonction déclarée ;
les dates ;
la rémunération ;
la période d’essai ;
le temps de travail ;
le projet concerné ;
les informations administratives du salarié.
Une remise tardive du contrat ne provoque pas automatiquement, à elle seule, sa requalification en CDI. Elle peut néanmoins ouvrir droit à une indemnité pouvant atteindre un mois de salaire et vous exposer à d’autres sanctions.
En revanche, l’absence totale d’écrit ou de motif précis demeure un risque majeur de requalification.
Quelle Période d’Essai prévoir dans un CDDU ?
Une période d’essai peut être prévue, mais elle doit apparaître expressément dans le contrat. Elle ne peut pas être ajoutée après le début de la mission. Dans la production audiovisuelle, sa durée est calculée à raison d’un jour par semaine prévue au contrat, dans les limites suivantes :
deux semaines lorsque le contrat ne dépasse pas six mois ;
un mois lorsque sa durée dépasse six mois.
Lorsque le contrat ne comporte pas de terme précis, le calcul repose sur sa durée minimale. La convention collective précise également qu’aucune période d’essai ne doit être prévue lorsque la période travaillée est inférieure à une semaine.
La période d’essai commence dès le premier jour de travail. Vous ne pouvez pas la différer jusqu’à l’arrivée sur le tournage si le salarié a déjà participé à des journées de préparation.

Le Salarié reçoit-il une Indemnité de Précarité ?
Dans un CDD classique, l’indemnité de fin de contrat représente généralement 10 % de la rémunération brute totale. Le CDDU fait cependant partie des exceptions prévues par le Code du travail.
En principe, l’indemnité de précarité n’est donc pas due à la fin d’un CDD d’usage, sauf si une convention collective, un accord ou une disposition contractuelle plus favorable prévoit son versement.
Pour établir correctement le solde du salarié, vous devez distinguer plusieurs sommes :
le salaire restant dû ;
les heures supplémentaires ou majorées ;
les primes prévues ;
les indemnités de déplacement ou de repas ;
les remboursements de frais professionnels ;
les éventuelles indemnités conventionnelles ;
les droits liés aux congés spectacles.
Vous ne devez pas ajouter automatiquement une prime de précarité de 10 % à tous les CDDU. À l’inverse, vous ne devez pas supprimer une indemnité prévue par un accord plus favorable ou par le contrat signé.
1) L’indemnité de longue collaboration
L’indemnité prévue pour certaines collaborations continues dépassant trois ans et 70 % de la période constitue un dispositif conventionnel spécifique. Elle peut être due lorsque vous cessez de proposer de nouveaux contrats à un salarié remplissant les conditions.
Son calcul repose au minimum sur 20 % du salaire mensuel moyen par année de collaboration continue. Elle doit donc être anticipée dans le suivi social et budgétaire de votre production.
2) Les Congés Spectacles ne sont pas une prime de précarité
Les artistes et techniciens travaillant en CDD de moins de douze mois dans le spectacle, le cinéma ou l’audiovisuel peuvent relever du régime des Congés Spectacles. L’employeur verse alors les cotisations correspondantes à la caisse compétente, qui calcule et verse ultérieurement l’indemnité de congés payés au salarié.
Cette indemnité de congés payés est distincte de la prime de précarité. L’absence d’indemnité de fin de CDDU ne supprime donc pas les droits du salarié à congés payés.
Vous devez vérifier son numéro d’affiliation, déclarer correctement les rémunérations et transmettre les informations permettant à la caisse de déterminer ses droits.

Comment mettre fin à un CDDU avant son Terme ?
En dehors de la période d’essai, le CDDU ne peut pas être rompu librement avant son échéance.
Une rupture anticipée est principalement possible :
par accord entre l’employeur et le salarié ;
en cas de faute grave ;
en cas de force majeure ;
en cas d’inaptitude constatée par le médecin du travail ;
à l’initiative du salarié lorsqu’il justifie d’une embauche en CDI.
Lorsqu’un salarié quitte son CDDU pour un CDI, un préavis peut être exigé. Il est calculé à raison d’un jour par semaine, dans la limite de deux semaines, sauf accord permettant de réduire ou de supprimer ce délai.
Si vous rompez un CDDU de manière injustifiée avant son terme, le salarié peut obtenir des dommages et intérêts au moins égaux aux rémunérations qu’il aurait perçues jusqu’à l’échéance prévue.
Pour un contrat sans terme précis, cette question peut être plus délicate. Vous devez vous référer à la durée minimale, à l’objet du contrat et à l’événement prévu pour son achèvement.
Quelles Déclarations effectuer pour un CDDU Audiovisuel ?
La signature du contrat ne constitue qu’une partie du processus d’embauche. Vous devez également accomplir les déclarations sociales correspondantes.
1) La déclaration préalable à l’embauche
La DPAE doit être réalisée avant le commencement effectif du travail. Les informations déclarées doivent correspondre au contrat, en particulier l’identité du salarié, la date d’embauche et les caractéristiques de l’emploi.
Conservez une preuve de cette déclaration dans le dossier de production.
2) Le numéro d’objet
Pour chaque nouvelle production ou activité relevant des annexes 8 ou 10, l’employeur doit demander un numéro d’objet avant le début de l’activité. Ce numéro permet de rapprocher administrativement les salariés et la production concernée.
Il doit être reporté sur les attestations employeur mensuelles et les bulletins de salaire et, lorsqu’il est disponible, sur les contrats de travail.
Un numéro d’objet ne doit pas être réutilisé pour plusieurs productions différentes uniquement pour simplifier les déclarations. Il correspond à une activité ou à une œuvre déterminée pour un employeur donné.
3) L’attestation employeur mensuelle et la DSN
Pour les artistes et techniciens concernés, vous devez transmettre les données nécessaires à la prise en compte des périodes de travail par France Travail. Les fonctions déclarées doivent correspondre aux listes applicables à l’activité principale et au code NAF de votre entreprise.
Une incohérence entre le contrat, le bulletin de salaire, la DSN et l’attestation employeur peut retarder la prise en compte des heures du salarié ou nécessiter une régularisation.
Vous devez donc mettre en place une circulation fiable des données entre la direction de production, le service administratif, la personne chargée de la paie et votre cabinet comptable.

Quels Documents remettre à la Fin du CDDU ?
À l’issue du contrat, vous devez remettre au salarié les documents correspondant à la fin de sa relation de travail. Selon sa situation, le dossier comprend notamment :
le dernier bulletin de salaire ;
le certificat de travail ;
le reçu pour solde de tout compte ;
l’attestation destinée à France Travail ;
les documents ou informations relatifs aux Congés Spectacles ;
l’attestation employeur mensuelle lorsqu’elle est requise.
Les dates, la fonction, la rémunération et le nombre d’heures doivent être cohérents sur l’ensemble de ces documents.
Avant de clôturer le dossier, rapprochez les éléments contractuels avec :
les feuilles de présence ;
les feuilles de service ;
les relevés d’heures ;
les majorations ;
les indemnités ;
les notes de frais ;
les éventuels avenants.
Cette vérification évite qu’une correction tardive perturbe les droits du salarié et le suivi du coût définitif de votre production.
Sécuriser chaque CDDU pour protéger votre Production
Le CDDU constitue un outil essentiel pour organiser les équipes d’une production audiovisuelle. Il vous permet d’engager des artistes et des techniciens pour une œuvre, une émission ou une phase de fabrication déterminée, sans imposer un CDI lorsque le besoin est réellement temporaire. Cette souplesse reste toutefois indissociable d’un formalisme rigoureux.
Vous devez vérifier l’éligibilité de chaque fonction, identifier précisément l’objet du contrat, fixer sa durée ou sa durée minimale et détailler l’ensemble des conditions d’emploi. La rémunération, le temps de travail, les organismes sociaux, la classification et les périodes d’intervention doivent être cohérents avec la convention collective et les déclarations effectuées.
Vous devez également distinguer la prime de précarité, généralement non due pour un CDDU, des droits aux Congés Spectacles et des indemnités conventionnelles pouvant s’appliquer aux collaborations longues. Une lecture trop rapide de ces règles peut créer des erreurs de paie ou des coûts imprévus.
En mettant en place des modèles contractuels actualisés, une procédure d’embauche claire et un rapprochement systématique entre contrats, paie et budget, vous protégez votre société contre les requalifications et les régularisations. Vous améliorez aussi la relation avec vos collaborateurs, qui disposent de documents fiables pour faire valoir leurs droits. Dans l’audiovisuel, une gestion sociale précise ne freine pas la production : elle lui fournit un cadre suffisamment solide pour avancer sereinement.



