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Rémunération du Dirigeant : salaire vs dividendes, que choisir ?

  • yordan99
  • 1 déc. 2025
  • 8 min de lecture

Dirigeant d’entreprise, vous vous posez forcément la question tôt ou tard : vaut-il mieux vous verser un salaire régulier, ou privilégier des dividendes en fin d’exercice ? Derrière cette décision en apparence simple, vous pilotez en réalité plusieurs paramètres : votre niveau de protection sociale, votre capacité d’emprunt, la trésorerie de votre société, votre fiscalité personnelle, et même votre stratégie patrimoniale à moyen terme.


Le sujet est d’autant plus sensible que les règles ne sont pas identiques selon votre forme juridique (SAS/SASU, SARL/EURL…), votre régime social (assimilé salarié ou travailleur non salarié), votre niveau de bénéfice, ou encore votre situation familiale (taux marginal d’imposition, autres revenus du foyer, projets immobiliers, etc.). Une “bonne” solution n’existe donc pas en absolu : il existe un arbitrage cohérent pour votre cas, à un instant T, avec des objectifs clairs.


Dans cet article, vous allez comprendre les différences structurantes entre salaire et dividendes, les conséquences concrètes (protection, impôts, trésorerie), et surtout une méthode pour bâtir votre mix de rémunération sans vous piéger. L’objectif : sortir du débat “salaire ou dividendes” pour entrer dans une logique de pilotage.


Comprendre l’arbitrage : vous choisissez un mix entre Salire et Dividendes, pas un camp!


Choisir entre salaire et dividendes, ce n’est pas seulement comparer "ce qui reste dans votre poche". Vous arbitrez entre des mécanismes qui n’ont pas la même nature : le salaire rémunère un travail, ouvre des droits sociaux et se pilote mois par mois ; le dividende rémunère un capital, dépend d’un bénéfice distribuable et se décide selon un calendrier juridique. Votre décision impacte aussi la société : un salaire est généralement une charge qui vient diminuer le résultat imposable, tandis que les dividendes sont distribués après impôt, une fois le bénéfice constaté.


Enfin, vous devez intégrer la réalité du terrain : vos besoins personnels (loyer, crédit, famille), vos projets (emprunt immobilier, investissement), et votre tolérance au risque (sécurité sociale, régularité des revenus). L’approche la plus efficace consiste rarement à "tout passer" en salaire ou "tout passer" en dividendes. Vous recherchez plutôt un équilibre : un socle stable, puis une part variable ajustée aux performances. C’est précisément là qu’un accompagnement fait gagner du temps, évite les erreurs de calendrier, et sécurise les hypothèses. À ce titre, gardez en tête que chez Moov, nous accompagnons les dirigeants à optimiser leur rémunération.


remuneration dirigeant entreprise

Salaire du Dirigeant : comment ça marche ?


Voyons en détails comment fonctionne le salaire d'un dirigeant et comment bien le choisir.


1) Une rémunération régulière… et lisible pour les banques


Le salaire a un avantage immédiat : il structure votre vie personnelle. Vous pouvez lisser vos revenus, budgéter, rassurer un organisme de crédit, et justifier facilement votre niveau de ressources. Si vous avez un projet immobilier, cette lisibilité peut peser lourd dans l’analyse bancaire.


2) Protection sociale : maladie, retraite, prévoyance


Le point central, ce sont vos droits sociaux. Selon votre statut, un salaire peut améliorer votre couverture (notamment pour un président de SAS assimilé salarié). Vous “achetez” une protection : indemnités, retraite, prévoyance via des contrats adaptés, etc. Le sujet n’est pas seulement le coût : c’est le niveau de sécurité que vous voulez réellement.


3) Déductibilité côté société : un levier de pilotage du résultat


En pratique, la rémunération versée au dirigeant peut, dans de nombreux cas, réduire le résultat soumis à l’impôt sur les sociétés (IS), ce qui devient un vrai levier quand votre société commence à générer des bénéfices réguliers. Attention : ce levier doit rester cohérent avec la réalité économique (niveau de travail, responsabilités, équilibre global), car vous pilotez aussi le risque de requalification en cas d’abus.


4) Les limites : coût global et rigidité


Le salaire apporte de la stabilité, mais il a aussi des contraintes : charges sociales, formalités de paie, déclarations, régularisations, et une certaine rigidité si votre activité est très cyclique. Dans un business saisonnier ou irrégulier, un salaire trop élevé peut tendre la trésorerie en période creuse.


Dividendes : un outil de distribution, pas un revenu “mensuel”


Maintenant, concentrons nous sur les dividendes :


1) Les dividendes supposent un bénéfice distribuable et un calendrier


Les dividendes ne se décident pas “quand vous voulez”. Il faut un bénéfice distribuable, une décision formelle (souvent en assemblée), et un respect du calendrier de clôture/approbation. Autrement dit : c’est une rémunération à postériori, qui dépend du résultat et de la politique de distribution.


2) Fiscalité : PFU, barème, et règles qui évoluent


Pour beaucoup de dirigeants, les dividendes sont associés à la “flat tax”. Cependant, depuis le 1er janvier 2026, certains revenus du capital (dont des dividendes) ont été impactés par une hausse de CSG, ce qui modifie mécaniquement le niveau global de prélèvements dans plusieurs situations. Vous devez donc raisonner avec une idée simple : les dividendes sont fiscalement attractifs dans certains cas, mais ce n’est jamais une règle universelle. Selon votre tranche d’imposition, l’option au barème peut parfois être plus pertinente, mais elle entraîne des effets sur l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers.


3) Trésorerie : ne pas confondre “bénéfice” et “cash”


Une entreprise peut afficher un bénéfice… sans avoir la trésorerie correspondante (investissements, stock, délais de paiement, remboursements d’emprunt). Distribuer trop tôt, ou trop fort, peut fragiliser votre exploitation. Vous devez donc intégrer un vrai pilotage cash, et non un simple raisonnement comptable.


4) Les limites : droits sociaux faibles et timing


Les dividendes n’ouvrent pas les mêmes droits sociaux qu’un salaire. Si vous ne vous versez quasiment pas de salaire, vous pouvez vous retrouver avec une protection minimaliste et une retraite future très limitée. De plus, le timing (annuel, parfois décalé) ne colle pas toujours à vos besoins personnels.


dividendes et gestion d'etreprise

SAS/SASU vs SARL/EURL : le statut change la réponse


Bien entendu, les enjeux ne sont pas les mêmes en fonction du statut de l'entreprise.


1) En SAS/SASU : assimilé salarié, dividendes souvent “plus simples” socialement


En SAS/SASU, vous êtes généralement assimilé salarié (hors assurance chômage), et les dividendes sont traités comme des revenus du capital. Le raisonnement classique consiste à bâtir un salaire “socle” (pour vos droits et votre stabilité), puis à arbitrer une distribution si le résultat le permet.


2) En SARL/EURL : attention aux dividendes et aux cotisations au-delà de certains seuils


En SARL, la situation peut devenir plus technique, notamment pour un gérant majoritaire : une part des dividendes peut être soumise à cotisations sociales au-delà d’un seuil (logique des 10% du capital social, primes d’émission et comptes courants d’associé, selon les règles applicables). Résultat : l’idée “dividendes = moins de charges” peut être vraie… ou fausse, selon votre structure, votre capital, et votre niveau de distribution.


3) Conséquence pratique : votre forme juridique n’est pas un détail


Vous ne pouvez pas choisir une stratégie de rémunération “hors sol”. Votre forme sociale, votre régime social et votre niveau de bénéfice déterminent les bons curseurs. Si vous êtes en phase de création, vous privilégiez souvent la trésorerie et la stabilité ; si vous êtes en phase de maturité, vous pouvez optimiser davantage, mais en sécurisant le cadre.


Méthode en 7 étapes pour choisir (sans vous tromper de problème)


1) Fixez votre besoin “vital” mensuel


Commencez par la base : combien vous faut-il chaque mois pour vivre correctement, sans stress ? Ce chiffre sert à dimensionner votre socle (souvent via salaire).


2) Définissez vos objectifs : protection, emprunt, patrimoine


Vous devez prioriser : souhaitez-vous maximiser la capacité d’emprunt ? améliorer votre protection ? investir via une holding ? augmenter votre patrimoine financier ? Sans objectif, vous naviguez à vue.


3) Simulez au niveau du foyer, pas seulement de la société


Votre fiscalité dépend de votre foyer fiscal : autres revenus, situation familiale, dispositifs, etc. Une stratégie peut sembler excellente “à l’entreprise” et décevoir “à la maison”.


4) Vérifiez le cash disponible et la saisonnalité


Vous évitez ainsi la distribution “sur le papier” qui vous oblige ensuite à reprendre du cash via des solutions moins propres.


5) Anticipez les effets de seuil et les risques “administratifs”


En pratique, certaines options déclenchent des seuils, des régularisations, ou des effets collatéraux (droits, cotisations, modalités de décision). C’est là que les erreurs coûtent cher.


6) Construisez un mix : socle + variable


La stratégie la plus robuste consiste souvent à :

  • bâtir un socle stable (salaire),

  • ajouter une part variable (prime, bonus, ou dividendes selon le cadre),

  • ajuster chaque année avec les résultats et vos projets.


7) Planifiez dans le temps : calendrier juridique et fiscal


Vous gagnez en sérénité quand vous planifiez : clôture, approbation, distribution, acomptes, arbitrages. Vous évitez aussi les “mauvaises surprises” en fin d’année.


salaire ou dividence chef entreprise

3 erreurs fréquentes à éviter en matière de Salaire et de Dividendes


Il y a bien entendu des erreurs à absolument éviter. Voici les principales d'entres-elles :


1) Vouloir “payer le moins possible” au lieu de “piloter le risque”


Optimiser ne veut pas dire rogner partout. Vous pouvez économiser à court terme et perdre à long terme (retraite, protection, capacité d’emprunt, sécurité financière).


2) Oublier que l’entreprise doit respirer


Votre société n’est pas une simple “tirelire”. Elle finance la croissance, amortit les aléas, et sécurise votre avenir. Une stratégie trop agressive peut vous mettre en difficulté au premier imprévu.


3) Ne pas documenter vos décisions


Dividendes, rémunération, primes : vous devez sécuriser la forme (décisions, PV, justificatifs, cohérence). Une optimisation mal cadrée peut coûter très cher en redressement.


Au-delà du duo salaire/dividendes : 3 leviers à connaître !


1) Frais professionnels : utiles, mais à cadrer


Vous pouvez optimiser en déduisant des frais réellement professionnels, correctement justifiés. Ce levier est intéressant, mais il doit être strict : cohérence, justificatifs, usage pro.


2) Épargne et retraite : PER, prévoyance, stratégies à long terme


Selon votre profil, vous pouvez renforcer votre protection via des solutions d’épargne/retraite, avec une logique de long terme. L’idée : ne pas tout mettre dans le débat “maintenant”, et penser “sécurité future”.


3) Holding, remontées de trésorerie, stratégie patrimoniale


Quand votre entreprise grossit, la question dépasse votre rémunération personnelle : vous pouvez réfléchir à des schémas plus structurés (investissements, remontées, diversification). Ici, le bon conseil consiste à rester simple tant que c’est simple, puis à structurer quand les montants le justifient.


Comment Moov peut s’intégrer dans votre réflexion, sans surcharger votre organisation ?


Optimiser une rémunération de dirigeant, ce n’est pas cocher une case une fois par an. Vous avez besoin d’un pilotage : suivre les chiffres, comprendre les impacts fiscaux et sociaux, sécuriser les décisions, et rester aligné avec vos projets. Un cabinet d’expertise comptable orienté conseil peut vous aider à transformer un sujet anxiogène en processus clair : visibilité, simulations, décisions au bon moment, et outils de suivi.


Moov, c'est un cabinet d’expertise comptable basé à Paris, mettant en avant l’accompagnement des entreprises (comptabilité, fiscalité, paie/gestion sociale, conseil, juridique) et des outils digitaux pour faciliter le suivi et les échanges. L’intérêt, pour vous, est de garder votre énergie sur le développement, tout en sécurisant une stratégie de rémunération cohérente.


À vous de composer votre mix Dividendes / Salaire gagnant !


Vous n’avez pas à choisir “salaire ou dividendes” comme si l’un devait forcément gagner contre l’autre. Votre vraie mission, c’est de construire une rémunération qui vous protège, qui reste finançable pour votre société, et qui suit votre trajectoire de vie. Dans beaucoup de situations, un socle de salaire vous apporte la stabilité (budget, emprunt, droits sociaux), tandis qu’une part variable (souvent via dividendes, parfois via prime selon le cadre) vous permet d’ajuster votre rémunération aux performances réelles de l’entreprise, sans étouffer la trésorerie.


Gardez aussi en tête que la meilleure stratégie évolue. Vous pouvez démarrer avec un faible salaire pour préserver le cash, puis augmenter progressivement lorsque le chiffre d’affaires devient récurrent. Vous pouvez aussi revoir votre mix si vous préparez un achat immobilier, si vous recrutez, si vous investissez, ou si les règles fiscales/sociales changent. Enfin, vous gagnez énormément à planifier : décisions juridiques, calendrier, simulations, et documentation.


Si vous appliquez une méthode simple (besoin mensuel, objectifs, simulations au niveau du foyer, vérification cash, construction d’un mix, planification), vous évitez la majorité des erreurs coûteuses. Et si vous souhaitez aller plus vite, sécuriser vos arbitrages et garder une vision claire, l’accompagnement d’un expert-comptable orienté conseil peut faire la différence, surtout quand les montants deviennent significatifs.

 
 
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